Interview d’un facteur d’Ille-et-Vilaine

Les facteurs d’Ille-et-Vilaine sont mobilisés avec leur syndicat CGT contre la nouvelle organisation du travail mise place nationalement en Octobre dans les bureaux de distribution du courrier. Dans tous les bureaux, elle divise les facteurs en deux équipes, qui débutent leur travail avec 3 heures de décalage. A cela s’ajoute une réorganisation complète des tournées du samedi qui remet en cause la règle actuelle : “un facteur est titulaire d’une tournée”. Nous avons interviewé AM un facteur du bureau de poste du Gast à Rennes, membre du CHSCT départemental, qui, avec ses collègues, contre les conséquence négatives de cette organisation pour les facteurs comme pour les usagers, est mobilisé pour retour au travail en une seule équipe de tri le matin.

Peux-tu revenir sur les conséquences de covid pour les facteurs

AM: La Poste a profité de la Covid19 pour mettre en place des mesures qu’elle n’aurait pas pu prendre en temps normal. En Mars 2020, plus de 10 à 15 000 emplois de CDD et d’intérimaires, soit 15 % des effectifs nationaux des portiers, ont été détruits brutalement. Après nous avoir fait travailler dans des conditions sanitaires déplorables au début de la pandémie (manque de masques, de gants et de gel, et parfois dans des locaux vétustes…), en cherchant à habituer usagers à ne plus recevoir leur courrier tous les jours, la Poste utilise la pandémie pour transformer le métier de facteurs vers plus de précarité, de flexibilité, bref d’ubérisation …

Dans ton bureau les facteurs refusent les mesures prises face à l’épidémie et par la réorganisation nationale du 28 Septembre . Peux-tu expliquer :
AM : Depuis avril 2020, nous somme en sous-effectifs chronique, sensible à la moindre absence. Le courrier est très mal distribué, et parfois avec beaucoup de retard … Le travail est en flux tendu. Avec la nouvelle réorganisation nos horaires de travail changent constamment, nos journées sont désorganisées, au travail et en famille. Le tri du matin est mal fait car les facteurs ne sont plus ensemble pour trier les tournées de la journée. Cette réorganisation vise à faire tourner La Poste avec 15% de facteurs en moins, en dégradant la qualité du service rendue à toute la population et en nous mettant une pression continue.
Sur notre centre, nous avons décidé de nous mobiliser pour revenir une seule équipe de tri du matin avec des horaire fixes, comme avant ! …, en nous appuyant sur notre métiers et nos savoir-faire. Notre mouvement local, appuyé par un dossier CHSCT, a démontré que les arguments de “distanciation” étaient des faux prétextes. Une négociation locale a permis quelques avancées, c’est un pas … mais il faut gagner l’abandon national de cette “réorganisation” de destructrice du service public postal et de nos métiers. A notre modeste échelle, nous avons démontrés que les postiers étaient prêts à se mobiliser.
Q3 : Peux tu dire deux mots sur les tournées du samedi, qui n’auraient plus de titulaires de quartier.
AM : En effet, c’est un aspect encore masqué de la réorganisation du 28 septembre : le risque de suppression du « titulaire de tournée ». Le fait que le Samedi, le facteur ne fasse plus sa tournée normale, mais une tournée de plus, voire 3 différentes parfois, avec un service limité, c’est infernal en ville, catastrophique en campagne. Les tournées du samedi sont mal faites, non terminées, le travail est décalé sur le lundi, et même pour la distribution de la Presse prioritaire le WE…

Q4 : Qu’en est-il de l’emploi à la Poste aujourd’hui (embauche, CDD et intérimaire …)

Depuis la suppression massive d’emplois en Mars la Poste ne recrute plus, ni CDI, ni CDD …. elle utilise des agences d’intérim, donc des salariés, en CDI au rabais, sont extrêmement flexible, d’un jour à l’autre ils peuvent passer de la Poste à tout autre travail. Très peu formés ces salariés sont exploités et perdent les maigres avantages des CDD à La Post. Le travail de postiers est un travail qualifié qui demande un emploi stable pour assurer un service public de qualité. Il faut recruter des postiers en CDI, au moins + 25 %, rapidement … La Poste est une source d’emploi face au chômage. Avec des bénéfices records en 2019, et une année très profitable en 2020, avec l’explosion des paquets, La Poste peut et doit recruter en masse.

La situation à l’hôpital public


Témoignages de Nathalie infirmière et Lionel plombier –chauffagiste au CHU de Rennes

 Tu es infirmière au CHU de Rennes. Peux-tu nous parler des lits d’hospitalisations après les restructurations des derniers mois, dernières années, par exemple en pneumologie, neurologie ou ailleurs ?

Depuis de nombreuses années, la mode est à créer des lits ambulatoires, donc des places, ce ne sont plus des lits d’hospitalisation. Par exemple en pneumologie, en 2017, tous les lits d’hospitalisation de semaine et lits d’hospitalisation complète (14 lits au total) ont été transformé en places ambulatoires et pour augmenter le nombre de bureaux médicaux. Cette transformation est économique puisque cela permet de supprimer le personnel de nuit et aussi de jour car il y a moins de soins (pas de toilettes, pas de petit-déjeuner et les patients qui viennent de chez eux sont plus autonomes). Les résultats sont :

1. moins de personnel mais une charge de travail énorme, car les patients qui sont hospitalisés sont de fait plus « lourds » en soins car les « plus autonomes » sont renvoyés chez eux.

2. Les médecins sont obligés de « trier » les patients en attente d’hospitalisation car il n’y a pas assez de places, il y a une liste d’attente …

3. Il y a moins de lits d’hospitalisation en aval pour les urgences d’où l’engorgement des urgences. Ce n’est pas la « bobologie » qui engorge les urgences mais bien des patients qui sont en attente d’hospitalisation

Ce qui s’est passé en 2017 en pneumologie, ça s’est passé dans de nombreux services.

Le covid et les protocoles de prise en charge ont-ils une incidence sur la charge de travail dans les services ?

La charge de travail est plus lourde car quand un patient est testé on doit prendre les mêmes mesures que s’il était positif en attendant la réponse. De plus il faut suppléer à l’absence des familles qui sont un relai au niveau psychologique pour les patients.

 Tu travailles dans les services techniques de l’hôpital, peux-tu nous dire comment ont évolué les effectifs et conditions de travail ces dernières années, ces derniers mois ?

Je travaille comme Plombier/Chauffagiste au CHU de Rennes et depuis plusieurs années maintenant nous travaillons en sous-effectif (-3 sur un total de 12 professionnels).Les autres services supports de l’établissement travaillent également en sous-effectif de manière chronique ce qui engendre une surcharge de travail permanente. Depuis cet été, la direction du CHU a enfin décidé de revaloriser les salaires pour les nouveaux arrivants afin d’être plus attractif. Depuis, nous avons retrouvé un effectif complet !

La crise COVID y a également fortement contribué. En effet, avec le confinement et l’arrêt des chantiers sur les différents sites, les services Techniques de l’Hôpital ont été plus que jamais mis à contribution.

Il y avait eu un mouvement des ouvriers professionnels pour une vraie reconnaissance de leurs qualifications il y a quelques années. Peux-tu nous dire ou on en est Aujourd’hui sur cette question ?

Il y a 2 ans et demi, nous avions entamé un mouvement suite à la fusion de deux grilles chez les Ouvriers (PPCR).Il s’agissait de faire reconnaitre nos compétences professionnelles et nos diplômes. Le résultat est à ce jour mitigé car, oui, nous avons obtenu le remplacement de 1 pour 1 lors des départs en retraite. Il y a maintenant un recrutement qui s’opère avec une véritable négociation salariale pour tous les nouveaux arrivants. Par contre, nous sommes toujours en lutte afin d’être nommé Technicien Hospitalier. Ce statut serait une véritable reconnaissance de nos qualifications.

Quelles conséquences a eu l’épidémie de Covid sur vos conditions de travail ?

Nos conditions de travail ont été bouleversées pour faire face à cette crise sanitaire. Alors que nous étions déjà en sous-effectif, tous les services techniques ont dû travailler par roulement et à 50% des effectifs afin de limiter la transmission du Virus. Cette période a été très difficile et très éprouvante car, assurer la maintenance des 4 sites du CHU avec si peu de personnels n’a pas été de tout repos.

Pour terminer, je dirais que Le côté positif de cette crise a été de voir que les équipes soignantes et les équipes supports se sont serrées les coudes ensemble. Maintenant nous attendons du gouvernement qu’il mette en œuvre une vraie politique de santé et des moyens pour l’Hôpital.

Correspondant.

Interview de Kireg, syndiqué Solidaires Étudiants à Rennes 2

Quelle est la situation à la fac ?

Il y a un mélange d’attente et d’anxiété de la part des étudiants. La présidence de l’université distribue des masques jetables pour les étudiants, du gel et des masques aux associations. Les étudiants sont invités à manger à l’extérieur, ça pose une question de coût pour beaucoup (le repas au Resto U est à 3,30€, 1€ pour les boursiers). Les restos U sont fermés et on ne sait pas quand ils vont rouvrir, on ne peut donc pas avoir de repas chaud sur le campus.

Pour l’instant il n’y a pas beaucoup d’étudiants on ne sait pas ce que ça va donner quand la rentrée va être effective.
On nous annonce des cours en distanciel, on peut comprendre vu la situation sanitaire, mais il y a du stress. Dans ma section il y a eu du décrochage pendant le confinement. Certains profs envoyaient les cours en PDF, d’autres faisaient des visio conférence pour maintenir un lien social. Et puis les cours en distanciel ce n’est pas possible quand les connexions wi fi comme dans les cités U ou que le coût de

l’ abonnement vraiment fiable est trop cher pour une majorité d’étudiants. Cette année certaines notes n’ont pas été prises en compte pour sauver l’année….
Par ailleurs on ne veut pas que les cours en distanciel se généralisent, que ce soit un prétexte pour supprimer des cours.

On sait que les TD vont être en présentiel, comment cela va-t-il se passer ? Les salles sont petites. Il y a des inquiétudes en cette rentrée, les étudiants ne veulent pas contaminer les personnes à risques.

Quelles sont vos revendications ?

La question de la précarité étudiante est centrale. Il y a eu une prise de conscience avec le suicide de l’étudiant de Lyon l’année dernière. Avant on intériorisait, on se disait que cette précarité était un passage obligé dans notre vie.
Et puis pendant le confinement beaucoup d’étudiants se sont sentis abandonnés. Dans les cités U certains ont eu faim. Le secours populaire a dû livrer des repas. La présidence de l’université a décidé une aide de 50€ et a été débordée par l’afflux inattendu des demandes. Beaucoup d’étudiants qui travaillent pour payer leurs études sont sur des contrats précaires et n’ont pas eu le droit au chômage partiel.

Aujourd’hui il y a un refus très large de cette précarité.
Cette rentrée nous demandons 100 repas gratuits pour les étudiants boursiers, nous ne voulons pas que le tarif réduit entraîne une augmentation du prix du ticket.
Nous demandons que le calcul des bourses ne se fasse pas sur les revenus des parents mais sur l’aide effective que reçoit l’étudiant. Sur le long terme nous revendiquons le salaire étudiant comme travailleur en formation.
Nous demandons aussi que le 1/3 payant soit pris en charge à 100%. Selon une étude de la MGEN 43% des étudiants renoncent à se soigner faute de moyens.
Nous demandons des places en crèche en nombre suffisant pour les étudiants comme pour le personnel et c’est loin d’être le cas.
Nous voulons aussi la suppression de la Contribution à la Vie étudiante (CVEC) mise en place par le gouvernement Macron, qui est de 92€ et qui de fait est une augmentation déguisée des frais d’inscription. Il y a la question du logement étudiant. Nous faisons du porte à porte dans les cités U certains sont vétustes voire délabrées (fissures dans les murs, infiltration d’eau…) j’ai déjà parlé des connexions internet défaillantes et la situation n’est souvent pas meilleures dans le logement privé. Il faut un plan de rénovation des cités U qui aussi permette l’accès aux handicapés ce qui n’est pas le cas maintenant. Nous avons aussi demandé la distribution de masques transparents absolument nécessaires pour les étudiants malentendants.
La rentrée des premières années c’est lundi 28 septembre. On va voir comment ça se passe pour les inscriptions.

PS : les RU sont finalement ouverts pour la rentrée des 1ères années

la politique de la multinationale du lait Lactalis

En juin 2020 Lactalis, la plus grande entreprise laitière mondiale, baisse le prix du lait payé au producteur français de 330€ à 315€ la tonne (1). Et en septembre 2020 Lactalis rachète pour 2.7 milliards € la partie fromage du trust américain Kraft. (2)

Extorquer de plus en plus de valeur aux travailleurs de l’agriculture pour étendre son emprise sur le marché laitier et augmenter ses profits, telle est -Covid ou pas- la politique constante de la multinationale Lactalis (20 milliards d’euros de chiffre d’affaires, 80 000 salariés dans le monde).

Ce trust basé à Laval (Mayenne) est la propriété d’Emmanuel Besnier et sa famille. Il est connu pour ses fraudes et illégalités nombreuses comme le traduit l’article Wikipédia sur Lactalis (3).

Son directeur général, Daniel Jaouen, vient opportunément d’être célébré par une pleine page de “reportage” dithyrambique dans Ouest-France pour sa capacité à racheter ses concurrents et à exercer une pression vers la baisse du prix du lait et le prix de revient des produits laitiers, notamment par son “rude management” (management brutal)(4).

Au lieu d’assurer un prix rémunérateur au producteur de lait, la transformation laitière capitaliste, privée ou coopérative, a un but principal : la baisse du prix du lait qui constitue 60 à 90% du prix de revient des produits: fromages, beurre, yaourts ou poudres.

Seul un organisme de gestion national, un office gérant quantité, qualité et prix, sous le contrôle des producteurs de lait et des travailleurs peut assurer l’équilibre de la filière et une garantie de revenu aux éleveurs.

(1) Les éleveurs, qui avaient touché 330 euros la tonne en moyenne en 2019, ont perçu 333 euros au premier trimestre 2020, puis 326 euros en avril et enfin 315 euros en mai et juin. “Lactalis va baisser le prix du lait payé aux éleveurs” (Le Monde, Laurence Girard 11 juin 2020) https://www.lemonde.fr/economie/article/2020/06/11/lactalis-va-baisser-le-prix- du-lait-paye-aux-eleveurs-en-2020_6042504_3234.html

(2) Lactalis rachète les fromages de Kraft Heinz pour 2,7 milliards d’euros (Olivia Détroyat Le Figaro 15 septembre 2020)

https://www.lefigaro.fr/societes/lactalis-rachete-les- fromages-de-kraft-heinz-pour-3-2-milliards-de-dollars- 20200915?fbclid=IwAR0Dm6zcboz4mOESw6QkoxDy2XKl3kSujGLaMzxpTKO8KRuYjF62o Y6wYKI

(3) https://fr.wikipedia.org/wiki/Lactalis

(4) L’homme qui a fait de Lactalis le N°1 mondial du lait Xavier Bonnardel, Ouest-France 17 septembre 2020)

https://www.ouest-france.fr/economie/agroalimentaire/lactalis/l-homme-qui-a-fait-de- lactalis-le-numero-un-mondial-du-lait-6977341#:~:text=PORTRAIT.- ,L’homme%20qui%20a%20fait%20de%20Lactalis%20le%20num%C3%A9ro%20un,au%20 sein%20du%20groupe%20mayennais.&text=Juin%201989.,’entreprise%20Besnier%2C%2 0%C3%A0%20Laval.

Photo : manifestation 29 août 2020 JEAN-SEBASTIEN EVRARD / AFP

Témoignage d’un enseignant rennais sur les conditions de la rentrée scolaire dans son lycée.

Témoignage d’un enseignant rennais.

La situation sanitaire est préoccupante dans les établissements scolaires (classes et établissements fermés).

Une rentrée des enseignants et des élèves est toujours compliquée en temps normal mais, cette année, elle s’est déroulée dans des conditions sanitaires difficiles, des inquiétudes de la part des élèves et du personnel ainsi que pour les familles concernées (touchées par le virus et/ou des personnes fragiles dans le milieu familial).

Dans notre lycée, plusieurs personnes ont des problèmes de santé et ont donc peur pour eux-mêmes ou pour leur entourage (exemple: une collègue avec des soucis de santé avait obtenu une ASA en mai mais ne remplit plus les conditions en septembre alors que son état de santé ne s’est pas amélioré, un élève s’inquiète pour sa mère qui a des problèmes respiratoires …).

A ce jour, une classe a été fermée, plusieurs cas testés positifs à déplorer parmi les élèves et le personnel et d’autres en quatorzaine.

Il est très difficile de savoir concrètement quel est le nombre de cas de covid-19 et de cas contact, nous avons peu d’information sur la situation réelle dans notre lycée, la plupart du temps par le bouche à oreille. Nos représentants du personnel insistent pourtant auprès de l’administration pour obtenir des renseignements.

Cette rentrée s’est déroulée comme une rentrée normale sans moyen supplémentaire, excepté la mise en place des gestes barrière. Des masques gratuits ont été distribués aux enseignants mais pas aux élèves.

Les élèves les plus touchés par cette situation sont ceux du lycée professionnel mais aucune organisation n’a été mise en place pour aider ces élèves en difficulté et résorber ainsi les inégalités découlant notamment du confinement.

Certains gestes barrière sont difficiles à mettre en place avec des classes à plus de 30 voire 35-36 élèves.

Le port du masque toute la journée (pas d’alternative comme des plexiglas ou des visières) est très contraignante pour les élèves et les enseignants. Il est compliqué de tenir 4 heures à suivre en étant obligé de parler plus fort, de

faire répéter aux élèves leurs questions, de parcourir des distances, de monter et descendre des escaliers plusieurs fois dans une demi-journée.

Nous ressentons déjà tous une fatigue inhabituelle.

Des incohérences sont à noter entre les mesures sanitaires prises d’un côté et la manipulation de différents objets de l’autre (poignée de porte, interrupteur, ordinateur, photocopieurs …).

Des protocoles sanitaires sont sortis pour certaines disciplines mais pas pour toutes, nous manquons d’informations sur l’usage de certains matériels, nous devons mettre en place nous-mêmes des protocoles.

Une charge de travail supplémentaire et des contraintes accrues sont à constater notamment pour les surveillants (l’accueil des élèves, le respect des gestes barrière, la gestion de la cantine…), le personnel administratif (absence d’un collègue atteint de la Covid non remplacé), le personnel d’entretien des locaux (la désinfection du mobilier, le renouvellement des flacons de gel hydro alcoolique et de désinfectant …), le personnel de restauration (le passage des élèves au self, le nettoyage …), les enseignants et les élèves (pas de remplacement des enseignants atteints du covid ou en quatorzaine).

VU SUR LES MURS DE RENNES

ces affiches sont collées par la Cimade, elles nous donnent l’occasion de rappeler que le seul point de vue ouvrier possible c’est l’accueil des réfugiés et la fermeture des centres de rétention institués par la majorité PS, PCF, radicaux en octobre 1981.

affiche CRA 1

LIBERATION DE TOUS LES DETENUS POLITIQUES EN ALGERIE

Le combat exemplaire du peuple Algérien pour en finir avec le régime des généraux lié à l’impérialisme et qui pille la nation, ce combat pour la souveraineté du peuple pour une Assemblée Constituante, porte comme première exigence la libération de tous les détenus d’opinion.

Un rassemblement le 23 aout devant le siège de l’ONU à Genéve est organisé par un collectif de militants de la diaspora qui nous a transmis le lien et les documents suivants que nous publions bien volontiers.

https://www.facebook.com/La-Marche-De-La-Voix-Des-Detenus-Dopinion-En-Algerie-108266067631868

 

interview de Mickael, syndicaliste à PSA

Comment se passe la reprise du travail à l’usine ?

Avant le confinement, l’usine tournait en 4 équipes, 2 X 8 et l’équipe de nuit en semaine et une équipe le week end. En ce moment nous sommes en 2 X 8. La direction va mettre en place l’équipe de nuit en septembre.
1000 intérimaires ont été foutu à la porte, parmi eux il y avait environ 150 en CD2I dont on n’a pas de nouvelles et qui doivent être dans d’autres secteurs de l’industrie et dans un rayon de 50km voire 1h30 de trajet autour de Rennes.

Dans certains ateliers il y avait plus d’intérimaires que de gars en CDI.
Aujourd’hui la direction a fait venir des salariés des usines de Poissy, Mulhouse et même quelques- uns de Saragosse.
C’est une flexibilité totale de l’emploi qui s’installe, les salariés des différentes usines sont mis en concurrence.
Pour la direction de PSA ce qui compte c’est le taux d’utilisation des usines, ils appellent ça le taux Harbour, plus ce taux est élevé plus les voitures qui sortent sont rentables.

C’est aussi la flexibilité de l’horaire

Exactement, en juillet on fait une demi-heure supplémentaire par jour et on travaille deux samedis plus le 14 juillet, mais exceptionnellement tout est payé (sauf les pauses) dans le mois donc les salariés acceptent parce qu’ils ont besoin d’argent. En mars et avril la paie a été maintenue contre une retenue de 1 jour de congés pour les ouvriers et Tam, 2 jours pour les cadres et en mai on a eu le chômage partiel avec 84 % du salaire ça ne fait pas beaucoup pour les petits salaires. On a appelé à débrayé pour le 14 juillet et les 2 samedis, les réactions sont mitigées mais la direction a fait venir des renforts de l’équipe qui ne travaillait pas samedi 11 juillet.

Par contre on nous a demandé de faire une heure supplémentaire de rangement et de balayage pour la visite d’un ponte et là il y a eu un large refus.
Progressivement les cadences augmentent en 3 semaines on est à 33 voitures en plus par jour pour revenir à des cadences très élevées.

Nous menons une campagne pour l’unité pour l’interdiction des licenciements, 400 milliards ont été versés au banques suite à un vote unanime à l’Assemblée Nationale, qu’en penses-tu ?

PSA a reçu 700 millions des banques lors de la crise précédente, des licenciements chez Renault, Sanofi c’est aberrant, là où il y a des dividendes versés les licenciements doivent être automatiquement interdits. C’est différent si tu parles d’un resto ouvrier par exemple ou le patron a une dizaine de salariés et bosse avec eux. Lui n’a pas le droit mêmes aides que les gros patrons !

Le système capitaliste est en crise, il ne fait que repousser l’échéance, c’est une stratégie court termiste. Si la classe ouvrière est sauvée, les banques sont sauvées. Les milliards c’est pour les EPAHD, les hôpitaux qu’il faut les verser mais aussi pour augmenter les petits salaires.
La société vit à crédit, à La Janais on fabrique des voitures à 30 000 euros, à Mulhouse la DS7 c’est au moins 40 000. Ils inventent des nouvelles formes de crédit (location longue durée) ça ne peut durer indéfiniment.

Ce gouvernement n’a plus honte de rien. Il ne représente pas la population. Il n’y a qu’à voir l’abstention aux élections municipales.

Jeudi 9 juillet: manifestation des Dockers à Saint-Malo

En soutien aux 32 dockers de la SMM (Saint-Malo manutention) licenciés après la liquidation sans reprise d’activité de l’entreprise, 300    dockers de tous les ports de France sont venus manifester à Saint-Malo à l’appel de la Fédération CGT des ports et docks. Le même jour, dans tous les ports, les dockers étaient appelés à débrayer 3 heures par la fédération CGT des ports et docks. Ils étaient venus de Brest, de Lorient, de Roscoff, de Nantes, de Saint-Nazaire, du Havre, de Ouistreham, de Rouen, de Calais, de Dunkerque, de La Rochelle, de Bordeaux, de Fos-sur-Mer, de Marseille. Au rythme de leurs tambours, en tête de la manifestation, les dockers ont montré leur détermination de ne pas voir leur 32 camarades de Saint-Malo isolés.

” les dockers, c’est une grande famille” explique un ancien responsable syndical de Lorient, ” on travaille tous pour les mêmes entreprises, le groupe Kuhn. Ils profitent de la crise pour remplacer les emplois sous statut par du travail précaire”.

“Enormément d’argent public a été donné au patronat et ils se servent du COVID  pour s’en prendre aux acquis et faire du chantage à l’emploi “explique une syndicaliste du port de Rouen, “la France est le pays qui redistribue le plus de dividendes aux actionnaires. 32 salariés licenciés, c’est 32 familles sacrifiées à cause d’une mauvaise gestion de l’employeur la SMM, on ne peut pas accepter!”.

Un camarade a fait circuler l’appel pour l’interdiction des licenciements dans la manifestation, 106 signatures ont été recueillies!