CHU Rennes : la grève commence à s’étendre !

Des mouvements de grève se propagent dans différents services. Un rassemblement a lieu ce mardi 1er octobre. Malgré les réquisitions près d’une centaine d’agents sont présents : agents de sécurité té en grève à 100% contre la tentative de leur imposer des nouveaux plannings, pour la reconnaissance de leurs qualifications et la prime d’agressivité. Des agents des urgences sont présents (encore 200 entrées la veille et toujours un manque de moyens humains et matériels) ainsi qu’une forte délégation du service de Pneumologie (service restructuré avec fermetures de lits et suppression de postes) confronté à un manque criant de personnel. Même à effectif complet, la charge de travail n’est pas supportable. Présents aussi des agents des EHPAD et USLD (unité de soins de longue durée) du CHU qui ont déjà fait grève deux jours fin septembre. Des postes vacants depuis le mois de mars ne sont toujours pas pourvus. Un médecin arrivé à l’EHPAD il y a un mois veut repartir au vu des conditions de travail. Des brancardiers, des IBODE (infirmières de bloc) sont là aussi pour leurs revendications.

Comme le dit un agent de sécurité : « nous sommes de différents services, nos revendications convergent, il y a l’unité des syndicats, c’est ça que veulent les agents. »

Les agents de sécurité ont voté une grève reconductible.

Bretagne : grève massive à EDF contre le projet de démantèlement et de privatisation

Les agents d’EDF en Bretagne ont répondu massivement présents le jeudi 19 septembre à la journée nationale de grève appelée par les syndicats CGT, CFDT, FO et CFE-CGC pour dire leur refus du projet de démolition et de privatisation d’EDF, baptisé projet « Hercule » : ils étaient près de 400, venus de toute la région à participer à l’Assemblée générale organisée sur le site d’Enedis à Rennes. Du jamais vu depuis plusieurs années.

Dans la lignée des précédents plans de démantèlement de l’entreprise publique, le projet Hercule vise à la scinder en deux entités : d’un côté EDF Bleu qui regrouperait les productions nucléaire, hydraulique et thermique ainsi que le transport de l’électricité (RTE), qui serait « renationalisée », de l’autre EDF Vert, regroupant toutes les autres entités du groupe, notamment la distribution (Enedis), les services, les énergies renouvelables…, dont le capital serait ouvert à hauteur de 35% au départ à des investisseurs privés.

Pour tous les agents en grève, parfois à 80, voire 90% dans certains services, ce projet vise à court terme à faire rentrer du cash via les capitaux privés sans régler pour autant le problème d’endettement du groupe. Son seul objectif est de faire voler en éclat ce qui reste du monopole de la distribution de l’électricité, et avancer à marche forcée vers la privatisation totale.

«Ce que veulent les agents, c’est au contraire le retour à une entité 100% publique de l’électricité et du gaz », expliquent Nathan, Vincent et Didier, venus de Brest. Ce sont les citoyens français qui ont contribué à l’existence de ce service public, ce n’est pas aux intérêts privés d’en profiter aujourd’hui », disent-ils.

Pour beaucoup, la marche à la privatisation signifie de nouvelles hausses des factures pour les usagers, et pour les salariés une pression accrue pour augmenter les bénéfices des actionnaires, la poursuite des restructurations et des baisses d’emploi déjà vécues ces dernières années. Mais elle signifie aussi la mort annoncée de leur statut, qui va devenir « une coquille vide », selon Christophe, délégué CGT.

« Ce que nous vivons aujourd’hui c’est ce qui s’est passé à France-Telecom, c’est ce qui se passe à la Poste, à la SNCF, aux Finances publiques… Alors soit on se bat, soit on crève, ajoute-t-il.

«En faisant grève aujourd’hui, c’est notre statut que nous défendons », assure Nathan. Pour lui, c’est clair, « il faudrait unifier les forces pour faire reculer le gouvernement et empêcher la réforme des retraites » qui signifie elle aussi la mort du statut.

« Aujourd’hui toutes les organisations syndicales sont unies dans la grève. Elle est massive », se félicite Vincent, délégué FO. Pour que cesse la privatisation des services publics, pour défendre les statuts et les régimes particuliers, il faut que tout le monde y soit », déclare-t-il en en appelant à la « responsabilité des confédérations syndicales ».

Malgré l’aspiration évidente au tous ensemble, l’AG s’est pourtant terminée sans débat sur les modalités d’action à venir. Les responsables à la tribune se contentant de proposer une « décoration du site » à l’aide d’affiches et une coupure de l’alimentation électrique du secteur, avant qu’une délégation se rende à la Préfecture.

Correspondant TT

 

ENTRETIEN AVEC JEROME JOURDAN , secrétaire du syndicat FO Rennes Métropole

 Dans la dernière période il y a eu des grèves à la ville de Rennes, quelle est la situation sociale ?

Il y a eu en effet la grève des services informatiques qui est très révélatrice. Ce sont des cadres qui n’ont pas pour habitude de faire grève.

Cette grève souligne qu’à la ville de Rennes il y a un profond mal être chez un grand nombre d’agents. Il y a un dialogue social de façade : on reçoit les syndicats on les écoute mais tout est déjà préétabli et les négociations se font très à la marge.

D’ailleurs nous ne sommes rarement reçu par l’élu chargé du personnel (M. Chardonnet) et encore moins par madame la maire, nous avons affaire au DRH et au Directeur Général adjoint, alors que jusqu’en 2016 M. CHARDONNET était systématiquement présent pour toute négociation.

 

Il y a un mal être du personnel, des risques de burn out, dû à un manque d’effectif dans les services et une charge de travail grandissante.

Ce qui s’est passé à la médecine du travail ou les trois médecins ont démissionné est révélateur du climat. Le manque de personnel et un problème de déontologie ressenti par les médecins les ont incités à quitter la collectivité, c’est une véritable catastrophe pour les 5 000 agents Territoriaux.

 

Nous sommes dans un inquiétant changement de société : Avec la loi sur la Réforme de la Fonction Publique qui va s’appliquer, le recours aux contractuels risque de se densifier. Alors que la ville de Rennes cultive le “bien vivre ensemble” et “vivre en intelligence”  son Directeur Général Adjoint des services, dans sa qualité de président de l’association des DRH de France des grandes collectivités a été auditionné au Sénat et a prôné de nouvelles limitations du droit de grève des fonctionnaires.

Nouveauté inquiétante également : les représentants syndicaux sont menacés de sanctions : Un exemple, dans un service un responsable d’unité  souhaitant convoquer tous les agents en faisant pression sur eux pour qu’ils critiquent publiquement, en sa présence, le travail d’un contractuel qui lui ne connait pas la raison de la réunion !!!!! Pour avoir écrit au chef de service que la méthode envisagée était inacceptable que ça s’apparentait à un “peloton d’exécution” et un « tribunal populaire » j’ai été sanctionné….

 

On sent que l’indépendance du syndicat FO gène.

Avec la réforme des retraites, on est à un tournant. À FO on est clair, l’âge pivot ou l’allongement de cotisation ça aboutit à des décotes, il y a aussi la réversion qui est menacé.

 

Pour exprimer notre mécontentement contre cette réforme FO appel à manifester le 21 septembre à Paris après il faudra travailler à un rapprochement avec la CGT. Il faut l’unité syndicale la plus large possible, car l’unité fait la force mais elle est rarement possible.

 

J’ai le le sentiment que nous allons vers une explosion sociale ou à l’inverse vers une implosion avec les dépressions et le burn out.

Expression d’un adhérent

Les « néomalthusiens »

Le journal anglais The Guardian félicite le prince Henry qui recommande de diminuer le nombre d’enfants. « Un enfant de moins, écrit ce quotidien prétendument pro-travailliste, permet de réduire les émissions de CO2 de 58,6 tonnes, c’est 25 fois plus que tout autre mesure écologique ».

Les gens qui veulent diminuer la population mondiale, sous un masque pseudo écologique comme Henry ou le député écolo ancien ministre Cochet ou non, sont les ennemis de la classe ouvrière. Marx l’a démontré en polémiquant contre le prêtre et théoricien bourgeois Malthus (1766-1834). Malthus considère les travailleurs comme des poids pour la société et veut en diminuer violemment le nombre.

Nos néo malthusiens d’aujourd’hui, têtes pensantes du mouvement « décroissant » mesurent, mesurent l’impasse du capitalisme et veulent s’en sortir par la diminution de la population mondiale. Mais ils ne voient pas ou prétendent ne pas voir que la bourgeoisie parasite la société et l’empêche de résoudre tous ses problèmes, notamment le problème écologique. Ce n’est pas la taille de classe ouvrière qui n’est pas compatible avec les besoins de la société, c’est l’existence de la bourgeoisie parasitaire qui n’est plus acceptable.

Sans le savoir le prince Henry illustre donc une phrase du Manifeste du Parti Communiste (Marx et Engels 1847) : « La classe dominante s’avère désormais incapable de régner, parce qu’elle est incapable d’assurer l’existence de son esclave au sein de son esclavage, parce qu’elle est contrainte de le laisser déchoir dans une situation où elle doit le nourrir, au lieu d’être nourrie par lui. La société ne peut plus vivre sous cette domination, c’est dire que l’existence de la bourgeoisie n’est plus compatible avec les besoins de la société ».

Faut-il faire moins d’enfants pour sauver la Planète ? Courrier International 22/8/2019, reprise de The Guardian 31/7/2019
Marx, Engels, Critique de Malthus, textes réunis par les éditions Maspero 1978
Yves Cochet : pour sauver la planète, il faut « limiter nos naissances » Ouest-France 7/1/2019

Manque d’eau

Le manque d’eau est un des défis terribles de l’humanité dominée par l’impérialisme. Deux tiers de la population mondiale sont confrontés à des pénuries d’eau, essentiellement en Afrique et en Asie. Deux milliards d’humains n’ont pas accès à l’eau. Mais, cela ne concerne pas tout le monde dans les mêmes proportions : l’eau coûte plus cher aux pauvres. Selon l’Unesco, ce sont les habitants des bidonvilles, notamment en Afrique, qui payent l’eau le plus cher. Ils consacrent jusqu’à 30 % de leur salaire à l’eau en bidons.

L’eau coûte plus cher aux pauvres. Courrier International 22/8/2019

Dehors Bolsonaro

● Le Monde 24/8/2019 Brésil : « Pour Jair Bolsonaro, combattre le défrichement va à l’encontre de l’intérêt national,dénonce Marcio Astrini, chargé des politiques publiques chez Greenpeace. Alors… il l’encourage. Et l’une des façons de défricher l’Amazonie consiste à y mettre le feu. » « En Amazonie, il n’y a quasiment pas d’incendie qui ne soit pas volontaire », renchérit Ane Alencar, de l’Institut de recherche environnemental d’Amazonie (IPAM). Les dix communes qui ont le plus défriché en 2019 sont d’ailleurs aussi celles où les incendies ont été les plus importants, précise l’IPAM. Le feu sert à « nettoyer » la zone, une fois extrait le bois, voire à fertiliser les sols…

L’élevage et la culture du soja – le Brésil est le premier exportateur du grain, comme de viande bovine, notamment vers l’Europe – sont les principaux moteurs de la destruction de la plus grande forêt pluviale au monde, auxquels il faut ajouter la spéculation foncière des grileiros, nom donné à ceux qui font main basse sur les terres publiques. « Des mafias sont à l’œuvre pour décimer la forêt, reprend Marcio Astrini. Et le défrichement ne vient pas seul. Dans son sillage, il y a la violence, la pauvreté, le travail forcé. »

● Ouest-France 24/8/2019 : Mme Diaz, ministre de agriculture de Bolsonaro, héritière d’une des plus puissantes familles qui a toujours la main sur les terres du Mato Grosso do Sul (état du centre ouest du Brésil, le plus touché par la déforestation et les incendies) déplore que les autochtones « contrôlent 12 % du territoire national ».

● Des dizaines de milliers foyers d’incendie volontaires ravagent le poumon de la planète. Bolsonaro se moque des prétendues « pressions » qu’on exercerait sur lui. Tous les écologistes vrais doivent en conclure qu’il faut en finir avec cette politique et en finir avec le gouvernement Bolsonaro et rejoindre la classe ouvrière brésilienne pour organiser la grève générale.

La population se mobilise contre la fermeture de la maternité de Dinan

 

Les hôpitaux de Saint-Malo, Dinan et Cancale devraient fusionner au 1er janvier 2020, Les fermetures de services commencent.

Il y a une semaine, le directeur à partir du 5 juillet la maternité de Dinan ne pratiquera plus d’accouchements. Le prétexte est le manque d’anesthésiste.

Déjà, l’Unité de surveillance continue (USC) est fermée afin que les agents aillent renforcer les urgences.

Ce n’est qu’un début.

Pourtant la situation est déjà catastrophique, un médecin détaillant dans la presse la situation : « « J’ai été amené à déprogrammer des interventions à trois jours, car on n’avait pas de prévisions de garde de médecins anesthésistes à certaines dates, « J’ai dû différer à deux reprises une intervention et le séjour dans l’établissement de soins de suite de Véléda à Plancoët. La patiente en a pleuré. On ne peut pas jouer ainsi avec la sécurité. »

Le directeur appelle à « ne pas agiter l’hôpital. Les médecins ne veulent pas travailler dans des conditions de tension ».

Mais c’est le gouvernement qui agite l’hôpital en supprimant les poste, fermant les services à Dinan, voudrait-il nous interdire d’exiger la réouverture de la maternité ?

Des maires et le comité de vigilance ont appelé à une réunion le 1er juillet. Une centaine de personnes y ont participé, le 5 juillet, plus de 200 habitants ont manifesté contre la fermeture, près d’une dizaine de maires des communes voisines y ont participé et ont appelé les habitants à se mobiliser.

Le Maire de Dinan (LR) n’est pas inquiet « L’avenir de la maternité n’est pas remis en question (…) Mais je serai d’une vigilance extrême » contrairement à cette maman qui déclare : « Après l’été, on constatera que le transfert des accouchements s’est bien passé et la maternité de Dinan se transformera en centre périnatal. C’est un premier pas vers la transformation de l’hôpital de Dinan en établissement de proximité : plus de maternité, plus d’urgences, plus de chirurgie. »

Le Député LREM a regretté le manque de concertation.

Pour leur part, les comités du POID de Dinan et Saint-Malo ont sorti plusieurs communiqués condamnant la politique du gouvernement et exigeant le maintien des accouchements à la maternité.

Une nouvelle manifestation est appelée le 12 juillet.

 

UNITE :

Les mamans doivent pouvoir accoucher à Dinan pendant l’été.

Maintien de la maternité de Dinan, réouverture immédiate.

Interview de Mickael GALLAIS secrétaire du syndicat CGT PSA LA JANAIS

En 2016 les manifestations contre la loi El Kohmri avaient été durement réprimées. Un manifestant avait alors perdu un œil par un tir de LBD. Suite à une des manifestations 8 manifestants avaient été interpellés écopant de peines allant des TIG jusqu’à de la prison ferme…..pour participation à un attroupement armé !

3 d’entre eux ont fait appel de ces jugements et les UL CGT, SUD et FO appelaient le 2 juillet à un rassemblement devant le Parlement de Bretagne siège de la Cour d’Appel pour les soutenir.

Parmi les 3 manifestants poursuivis, il y a Fabrice, ouvrier de PSA, et le syndicat CGT était présent au rassemblement, ainsi que le délégué syndical central CGT de PSA Jean Paul MERCIER. Nous avons interviewé le secrétaire du syndicat.

1/Peux-tu nous rappeler les circonstances de l’arrestation de votre camarade et le déroulement du procès en première instance ?

Notre camarade a été interpelé alors qu’il jouait du tam-tam entre des manifestants(es) et des crs.
Il a immédiatement été placé en garde à vue à St Malo car il n’y avait soit disant plus de places à Rennes !!
Et s’il n’y avait plus de places c’est bien parce que la répression est disproportionnée ! Il est accusé d’avoir lancé un projectile. Lors de la 1ère audience il y a eu cette phrase “mythique” de la part de la justice : ce n’est pas parce qu’il n’y a pas de preuve qu’il n’a rien lancé” !!
Quel est le but de cette justice qui prononce de la prison ferme pour avoir joué du tam-tam lors d’une manifestation si ce n’est tuer les mouvements sociaux de celles et ceux qui se mobilisent pour des avancées sociétales profitables à toutes et tous.

2/quelles sont tes impressions au sortir de l’audience de la Cour d’Appel ?

A la sortie de la cour d’appel, la 1ère impression a été qu’une partie de la justice semble avoir pris du recul par rapport à la 1ère audience. Un exemple avec cette phrase : cela parait difficile de lancer un projectile en jouant de cet instrument ! Mais nous ne sommes pas dupes, cela ne veut pas dire qu’il sera relaxé !

3/ il y a multiplication des attaques contre les syndicats, contre les manifestants qu’en penses-tu ?

Je suis militant à La Cgt depuis quasiment 15 ans, j’ai donc eu le temps, malheureusement, de voir et subir la multiplication des attaques ! Il y a beaucoup d’exemples : nos 9 camarades de La Cgt Psa Poissy, les postiers(es) du 92, les infirmiers(es), la militante d’Attac… Les forces de l’ordre, (police, crs, gendarmerie…) seraient- elles le bras armé du gouvernement lui-même déjà violent ?

 

contribution à la discussion d’un syndicaliste d’Enedis.

Depuis la privatisation d’EDF (août 2004) le prix de l’électricité n’a eu de cesse d’augmenter. Le gouvernement vient de décidé – suivant la proposition de la CRE* – d’augmenter de 5.9% TTC les TVR** d’électricité au 1er juin 2019.

La moitié de cette hausse est liée à l’application de loi NOMĒ*** de 2010 et à l’ARENH****. Cette loi permet aux concurrents d’EDF, (TOTAL, ENGIE, ENI….) un accès privilégié au quart de la production d’électricité nucléaire produite par EDF plafonnée à 100TWh/an. L’ARENH a fixé le prix du Mégawatt à 42€, prix n’a pas évolué depuis 2012.

Mécanique absurde ! Imaginez un constructeur automobile, Peugeot par exemple, obligé par la loi de revendre, en dessous de son prix de construction, le quart de sa production de véhicule à son concurrent Renault pour que ce dernier puissent les revendre à son prix et à son profit. Voilà les conditions absurdes de mise en concurrence décidées par l’État dont l’élément central est l’ARENH.

Au cours de l’année 2018 le prix moyen du mégawatt sur le marché libre était à 60€. Les concurrents d’EDF se sont donc précipités pour bénéficier d’un prix du Mégawatt, via l’ARENH, inférieur au prix du marché de 18€ si bien que le seuil de 100TWh a été largement dépassé (133TWh) mais écrêté à 100TWh. En conséquence les concurrents d’EDF, ont dû pour les 33TWh de différence se fournir au prix de marché.

L’ouverture du marché de l’électricité profite exclusivement aux concurrents d’EDF qui bénéficient d’un droit de tirage de 100TWh/an à un prix très compétitif : 42€/MWh. Droit de tirage qu’ils proposent d’augmenter ou mieux de supprimer le plafond de l’ARENH.

La loi NOMĒ impose que les TVR soient fixés à un niveau qui puisse être contesté – comprenez concurrencé – par eux. En d’autre terme un prix de l’électricité trop bas ne permet pas aux concurrents de s’implanter, de concurrencer l’entreprise historique et de lui prendre des parts de marché. Conséquence pour que la concurrence libre et non faussée ‟fonctionne” il est impératif d’augmenter les tarifs.

L’ouverture du marché de l’électricité profite exclusivement aux concurrents d’EDF, chaque augmentation des tarifs améliore leur implantation en même temps qu’elle augmente leurs profits.

L’augmentation des tarifs réglementés de l’électricité au 1er juin va pénaliser tous les consommateurs résidentiels abonnés au tarif bleu d’EDF, soit 25 millions de foyers, ainsi que 3 millions de petites entreprises. Cette augmentation est estimée à 85 euros par an pour un foyer qui se chauffe à l’électricité.

L’augmentation des tarifs réglementés de l’électricité va fragiliser, d’avantage encore, l’entreprise historique EDF.
La seule logique conforme aux intérêts de la population consiste purement et simplement à renationaliser EDF en une entreprise intégrée : production, transport, distribution.

Cette exigence – renationalisation – se heurte aux directives Européennes et aux règles de concurrence libre et non faussées.
Exiger la renationalisation d’EDF c’est exiger de rompre avec cette Europe, de rompre avec ses institutions.

*CRE : Commission de Régulation de l’Energie
**TVR : Tarif Vente Régulé
***NOMĒ : Nouvelle Organisation du Marché de l’Electricité

****ARENH : Accès REgulé au Nucléaire Historique

Rassemblement de postiers grévistes à Rennes

Que manque-t-il pour gagner sur les revendications ?

Vendredi une centaine de postiers en grève se sont rassemblés à Rennes à l’appel de leurs quatre organisations syndicales (CGT, FO, Sud et CFDT) pour défendre leurs revendications contre la destruction du métier de facteur et la détérioration sans précédent de leurs conditions de travail découlant des réorganisations mises en œuvre par la Poste et le gouvernement.

Venus d’une vingtaine de bureaux d’Ille et Vilaine et des Côtes-d’Armor, mais aussi du Morbihan et du Finistère, les postiers se sont d’abord regroupés à la poste centrale de Rennes pour des prises de parole des organisations syndicales avant de partir en manifestation et la tenue d’une Assemblée générale.

Parmi tous les facteurs présents, tous se félicitent de l’unité réalisée pour ce mouvement de grève, plutôt bien suivi dans de nombreux bureaux, comme celui de la Mézière menacé de fermeture. C’est plus que lors d’une précédente grève le 26 avril. Tous sont unanimes aussi sur les revendications avancées dans l’appel à la grève par les quatre syndicats, notamment le refus des « tournées sacoches », de la pause méridienne obligatoire, mais aussi des îlots, des journées à rallonge et de la précarisation qui découlent de cette nouvelle organisation.

« La baisse du volume de courrier, si tant est qu’elle existe, ne doit pas se faire au détriment du service public et des conditions de travail. Avec ces réorganisations le facteur ne devient plus qu’un distributeur et le métier de facteur est cassé », explique Pascal. «Le nombre de tournées a diminué mais elles sont devenues plus longues, avec des dépassements d’horaires qui atteignent une heure voire une heure et demie parfois », dénonce Laurent venu de Guingamp.

Cette casse du métier de facteur a déjà été à l’origine de nombreuses grèves et de mobilisations en Bretagne et dans toute la France ces derniers mois. Des conflits parfois longs comme ces 132 jours de grève du bureau Crimée à Rennes l’an dernier, qui ont permis parfois de repousser ou d’annuler certains effets des restructurations. Mais elles sont restées isolées, éparpillées et, chacun en est conscient parmi les grévistes, n’ont pas permis jusque-là de faire reculer la Poste et le gouvernement.

« La mobilisation est incontournable. Le mécontentement est partout. Il nous faut préparer dans l’unité les conditions d’un rapport de force et obliger nos fédérations à enclencher un processus national. Tout est possible si nous prenons nos décisions dans l’unité », a lancé à la tribune du rassemblement un responsable CGT.

Comment préparer les conditions d’une grève dans l’unité qui permette de faire prévaloir les revendications ? La question a été au cœur de plusieurs interventions lors de l’assemblée générale, malgré les tentatives de division qui n’ont pas manqué. « Il faut que la grève soit utile et efficace. Notre AG doit être l’occasion de faire des propositions dans ce sens et de les voter », a déclaré Alan.

«La mobilisation d’aujourd’hui ne suffit pas, il faut que nous soyons tous ensemble dans l’action, donner des perspectives collectives de mobilisation et donc décider ici ce que l’on fait », a renchéri Philippe.

Un appel des salariés grévistes à l’ensemble de leurs collègues, recensant les bureaux représentés et rappelant que l’unité des facteurs et de l’ensemble des syndicats sur les revendications est la clé pour gagner, a été suggéré. Un appel qui permettrait d’engager la discussion, de poursuivre la mobilisation et de s’adresser aux fédérations syndicales pour qu’elles appellent ensemble à la grève. Ne serait-ce pas en effet la voie à suivre ? Correspondant TT