grève du 5 décembre

A partir du 2 décembre la Tribunes des Travailleurs publiera un supplément quotidien c’est la contribution du POID à l’organisation dans l’unité et au contrôle de la gréve par les grévistes eux mêmes, nous publions donc les informations que nous recevons qui attestent toutes que le 5 décembre tout commence.

finances publiques

2019.11.16 greve et mauvaise nouvelle (1)

préavis grève reconduc CHU

Tract unitaire CGT – CFE-CGC – FORCE OUVRIERE ENEDIS DR Bretagne – 5 déc

Témoignage d’une infirmière sur les conditions de travail

Je suis diplômée depuis presque 10 ans et ai vu nos conditions de travail et de protection sociale se détériorer progressivement malgré nos contestations et je n’aborde même pas notre rémunération…

J’ai travaillé d’abord en HAD, d’où j’ai dû démissionner à contrecœur car ma santé était en jeu (perte de poids, troubles du sommeil) ainsi que mon équilibre personnel (relation de couple détériorée, peu de temps personnel). J’ai donc changé d’établissement en pensant naïvement gagner en qualité de travail : j’ai donc testé la clinique privée car le CHU n’embauchait plus faute de budget. Au bout de plusieurs années, j’ai été progressivement dégoûtée du milieu hospitalier à cause des restrictions budgétaires successives. Je me suis donc tournée vers le libéral en espérant retrouver une liberté d’exercice : encore une désillusion.

Un détail en passant : à cause d’un déménagement, j’ai dû changer de région et donc m’inscrire à Pôle Emploi. Au seul et unique rdv, le conseiller m’a dit qu’il ne pouvait pas m’aider car ne connaissait pas le métier donc je ne pouvais compter que sur moi-même

HAD (hospitalisation à domicile) : c’est un service hospitalier à domicile avec des patients « lourds », c’est-à-dire handicapés, en fin de vie, très grosses pathologies, difficilement mobilisables, etc nécessitant une disponibilité de l’équipe soignante 7j/7, 24h/24h.

-Refus de payer les temps de transmissions entre les professionnels de santé pourtant indispensables soit environ 1h sur chaque journée

-heures de nuit de 20h à 22h non payées avec tarif de nuit car enchaînées à partir de 12h30 (amplitude horaire 12h30/22h) : la direction oubliait sciemment de nous payer nos heures de nuit au prétexte d’un texte de loi qui stipule que les 2heures suivant 20h si elles sont enchaînées avec des heures de jour sont considérées comme de jour. Nous n’avons jamais vu ce texte de loi…

-pas le temps de prendre les pauses repas

-suppression du poste logistique qui consistait à installer le matériel de soins au domicile des patients : les infirmières devaient le faire en plus de leur charge de travail donc porter de lourdes charges (parfois jusque 40kg de matériel à charger dans les voitures puis à transporter au domicile des patients sur le temps de la tournée)

-manque de personnel : les infirmières étaient parfois amenées à faire les tournées des aides-soignantes et compenser la surcharge de travail de l’infirmière coordinatrice.

-pas assez de véhicules professionnels : le personnel devait prendre régulièrement les voitures personnelles. Avec la suppression du poste logistique, les soignants devaient laver

eux-mêmes les véhicules et les amener au garage sur le temps dédié à la base aux patients. Lors d’un accident de la route, la voiture n’était pas systématiquement immobilisée et vérifiée par un garage avant que le prochain soignant ne reprenne la route avec ce même véhicule. Pendant la période hivernale, les véhicules n’étaient pas équipés de pneus hiver. Il n’y avait pas non plus de climatisation dans tous les véhicules, ce qui est problématique en plein été avec le matériel, les médicaments transportés et les prélèvements sensibles (prise de sang, analyse d’urines…)

-manque de matériel : il était compté toutes les semaines par le personnel soignant à la demande de la direction pour économiser au maximum

-soignants agressés lors des tournées dans les quartiers « chauds » : véhicules braqués, déplacements où même SOS médecin ne voulait pas se déplacer

-rappel sur les temps de repos, modification du planning sans avertir le soignant, non respect du temps de travail maximal légal

Clinique privée (2 établissements)

-formation insuffisante voire inexistante lors d’une prise de poste en service hospitalier : ce qui est très dangereux surtout en sortie de diplôme

-pression à l’embauche : la direction promet oralement un CDI en échange en prétextant qu’un poste va être ouvert dans les mois à venir et profite de votre attente pour précariser votre contrat actuel (ex : des contrats à la journée ou à la semaine) et vous faire travailler à des horaires et services non souhaités (ex : alternance jour/nuit, services lourds comme les urgences ou soins intensifs sans formation)

-astreinte déguisée : le cadre profite de vos contrats à la journée pour vous dire de rester à disposition de la clinique si jamais elle a besoin de vous (donc être disponible de suite pour aller au travail sans contrat pré-signé)

-mise en place de l’annualisation du temps de travail : les amplitudes horaires journalières sont donc modulables le jour-même à 20min près.

-non respect du planning : modification imposée dans un délai inférieur au temps légal, modification des plannings sans avertir le salarié, planning du mois suivant disponible après le 25 du mois précédent soit 5 jours pour s’organiser avec la nounou et la famille

-manque de matériel : vétuste, en quantité insuffisante, de mauvaise qualité

-manque de personnel : sous-effectif, rappel sur les temps de repos, infirmières remplaçants des aides-soignantes, aides-soignantes remplaçant des brancardiers

-manque de respect de certains médecins et cadres envers le personnel : intimidation, menaces, chantage, comportement sexiste (ex à la clinique saint Grégoire : cadre du pool licencié en 2017 pour harcèlement moral)

-heures supplémentaires non payées ou non récupérées, pauses repas écourtées voire sautées à cause de la surcharge de travail

-augmentation des jours de carence en cas d’arrêt maladie : certains venaient donc travailler pour ne pas trop perdre sur leurs salaires au risque de contaminer leurs collègues et les patients.

-congés refusés au dernier moment ou annulés par manque de personnel

Exercice infirmier libéral :

-pas d’assurance maladie d’accident du travail et maladie professionnelle (ou AT/MP) : nécessité d’une assurance volontaire

-pas de cotisation chômage donc pas de chômage si perte d’emploi (maladie, suivi de conjoint, reconversion,…)

-pas de congés payés : lors de vacances, il n’y a aucune rentrée d’argent

-carence de 90 jours consécutifs en cas d’arrêt maladie : nécessité d’une assurance privée appelée « prévoyance santé » pour pallier à un arrêt maladie mais qui elle aussi est soumise à certaines conditions de couverture et ne comprend pas toutes les pathologies

-charges étouffantes soit environ 50 à 60 % des recettes : assurances santé (assurance volontaire AT/MP, prévoyance santé, tarifs mutuelles non avantageux car pas d’employeur pour participer aux frais), caisse de retraite CARPIMKO (14% de cotisations et peut-être 28% bientôt), URSSAF (=cotisations sociales), cotisation CFE (cotisation foncière des entreprises), matériel de soins (seringues, gants, pansements, etc) et administratif (ordinateur, internet, imprimante, fournitures de bureau…), location ou achat cabinet (une adresse physique avec un cabinet pouvant accueillir des patients est obligatoire même si nous ne faisons que des soins à domicile), assurance « habitation » du local du cabinet, assurance de responsabilité professionnelle, paiement d’un logiciel de facturation ainsi que du lecteur de carte vitale, paiement d’un comptable pour faire nos déclarations de revenus (trop compliqué de le faire seule pour la majorité d’entre nous soit environ 600€ à 1200 € par an), assurance voiture avec tarif élevé (elle a triplé pur ma part quand je me suis installée en libéral), voiture professionnelle et frais de carburant, cotisation annuelle à l’Ordre infirmier obligatoire (75€ annuel contre 35€ en salarié), forfait de téléphone professionnel, numéros professionnels pour joindre la sécurité sociale payants, paiement d’une entreprise spécialisée pour éliminer

les déchets médicaux, cotisation compte professionnel, contrat privé prévoyance retraite individuelle car retraite légale insuffisante et j’en oublie sûrement…

-la sécurité sociale peut stopper les paiements dus sans préavis

-beaucoup d’appels malveillants pour des arnaques dans différents domaines : fiscalité, matériel de soins, mise aux normes, fausses cotisations

-pas de formation initiale à la nomenclature (=le tarif conventionné des actes remboursés) donc on se lance « à l’aveugle » et on apprend à facturer « sur le tas »

-nous sommes exposés physiquement : travail physique pénible (bcp d’entre nous souffrent de problèmes de dos par exemple) à cause des nombreux trajets en voiture, logements non- équipés pour les soins, patients avec des maladies contagieuses, nous intervenons dans des quartiers « chauds » où nous avons peur et des patients violents, etc

Je ne parle même pas des impayés de la part des patients et des retards de paiements des différentes caisses d’assurance maladies

CHU Rennes : la grève commence à s’étendre !

Des mouvements de grève se propagent dans différents services. Un rassemblement a lieu ce mardi 1er octobre. Malgré les réquisitions près d’une centaine d’agents sont présents : agents de sécurité té en grève à 100% contre la tentative de leur imposer des nouveaux plannings, pour la reconnaissance de leurs qualifications et la prime d’agressivité. Des agents des urgences sont présents (encore 200 entrées la veille et toujours un manque de moyens humains et matériels) ainsi qu’une forte délégation du service de Pneumologie (service restructuré avec fermetures de lits et suppression de postes) confronté à un manque criant de personnel. Même à effectif complet, la charge de travail n’est pas supportable. Présents aussi des agents des EHPAD et USLD (unité de soins de longue durée) du CHU qui ont déjà fait grève deux jours fin septembre. Des postes vacants depuis le mois de mars ne sont toujours pas pourvus. Un médecin arrivé à l’EHPAD il y a un mois veut repartir au vu des conditions de travail. Des brancardiers, des IBODE (infirmières de bloc) sont là aussi pour leurs revendications.

Comme le dit un agent de sécurité : « nous sommes de différents services, nos revendications convergent, il y a l’unité des syndicats, c’est ça que veulent les agents. »

Les agents de sécurité ont voté une grève reconductible.

Bretagne : grève massive à EDF contre le projet de démantèlement et de privatisation

Les agents d’EDF en Bretagne ont répondu massivement présents le jeudi 19 septembre à la journée nationale de grève appelée par les syndicats CGT, CFDT, FO et CFE-CGC pour dire leur refus du projet de démolition et de privatisation d’EDF, baptisé projet « Hercule » : ils étaient près de 400, venus de toute la région à participer à l’Assemblée générale organisée sur le site d’Enedis à Rennes. Du jamais vu depuis plusieurs années.

Dans la lignée des précédents plans de démantèlement de l’entreprise publique, le projet Hercule vise à la scinder en deux entités : d’un côté EDF Bleu qui regrouperait les productions nucléaire, hydraulique et thermique ainsi que le transport de l’électricité (RTE), qui serait « renationalisée », de l’autre EDF Vert, regroupant toutes les autres entités du groupe, notamment la distribution (Enedis), les services, les énergies renouvelables…, dont le capital serait ouvert à hauteur de 35% au départ à des investisseurs privés.

Pour tous les agents en grève, parfois à 80, voire 90% dans certains services, ce projet vise à court terme à faire rentrer du cash via les capitaux privés sans régler pour autant le problème d’endettement du groupe. Son seul objectif est de faire voler en éclat ce qui reste du monopole de la distribution de l’électricité, et avancer à marche forcée vers la privatisation totale.

«Ce que veulent les agents, c’est au contraire le retour à une entité 100% publique de l’électricité et du gaz », expliquent Nathan, Vincent et Didier, venus de Brest. Ce sont les citoyens français qui ont contribué à l’existence de ce service public, ce n’est pas aux intérêts privés d’en profiter aujourd’hui », disent-ils.

Pour beaucoup, la marche à la privatisation signifie de nouvelles hausses des factures pour les usagers, et pour les salariés une pression accrue pour augmenter les bénéfices des actionnaires, la poursuite des restructurations et des baisses d’emploi déjà vécues ces dernières années. Mais elle signifie aussi la mort annoncée de leur statut, qui va devenir « une coquille vide », selon Christophe, délégué CGT.

« Ce que nous vivons aujourd’hui c’est ce qui s’est passé à France-Telecom, c’est ce qui se passe à la Poste, à la SNCF, aux Finances publiques… Alors soit on se bat, soit on crève, ajoute-t-il.

«En faisant grève aujourd’hui, c’est notre statut que nous défendons », assure Nathan. Pour lui, c’est clair, « il faudrait unifier les forces pour faire reculer le gouvernement et empêcher la réforme des retraites » qui signifie elle aussi la mort du statut.

« Aujourd’hui toutes les organisations syndicales sont unies dans la grève. Elle est massive », se félicite Vincent, délégué FO. Pour que cesse la privatisation des services publics, pour défendre les statuts et les régimes particuliers, il faut que tout le monde y soit », déclare-t-il en en appelant à la « responsabilité des confédérations syndicales ».

Malgré l’aspiration évidente au tous ensemble, l’AG s’est pourtant terminée sans débat sur les modalités d’action à venir. Les responsables à la tribune se contentant de proposer une « décoration du site » à l’aide d’affiches et une coupure de l’alimentation électrique du secteur, avant qu’une délégation se rende à la Préfecture.

Correspondant TT

 

ENTRETIEN AVEC JEROME JOURDAN , secrétaire du syndicat FO Rennes Métropole

 Dans la dernière période il y a eu des grèves à la ville de Rennes, quelle est la situation sociale ?

Il y a eu en effet la grève des services informatiques qui est très révélatrice. Ce sont des cadres qui n’ont pas pour habitude de faire grève.

Cette grève souligne qu’à la ville de Rennes il y a un profond mal être chez un grand nombre d’agents. Il y a un dialogue social de façade : on reçoit les syndicats on les écoute mais tout est déjà préétabli et les négociations se font très à la marge.

D’ailleurs nous ne sommes rarement reçu par l’élu chargé du personnel (M. Chardonnet) et encore moins par madame la maire, nous avons affaire au DRH et au Directeur Général adjoint, alors que jusqu’en 2016 M. CHARDONNET était systématiquement présent pour toute négociation.

 

Il y a un mal être du personnel, des risques de burn out, dû à un manque d’effectif dans les services et une charge de travail grandissante.

Ce qui s’est passé à la médecine du travail ou les trois médecins ont démissionné est révélateur du climat. Le manque de personnel et un problème de déontologie ressenti par les médecins les ont incités à quitter la collectivité, c’est une véritable catastrophe pour les 5 000 agents Territoriaux.

 

Nous sommes dans un inquiétant changement de société : Avec la loi sur la Réforme de la Fonction Publique qui va s’appliquer, le recours aux contractuels risque de se densifier. Alors que la ville de Rennes cultive le “bien vivre ensemble” et “vivre en intelligence”  son Directeur Général Adjoint des services, dans sa qualité de président de l’association des DRH de France des grandes collectivités a été auditionné au Sénat et a prôné de nouvelles limitations du droit de grève des fonctionnaires.

Nouveauté inquiétante également : les représentants syndicaux sont menacés de sanctions : Un exemple, dans un service un responsable d’unité  souhaitant convoquer tous les agents en faisant pression sur eux pour qu’ils critiquent publiquement, en sa présence, le travail d’un contractuel qui lui ne connait pas la raison de la réunion !!!!! Pour avoir écrit au chef de service que la méthode envisagée était inacceptable que ça s’apparentait à un “peloton d’exécution” et un « tribunal populaire » j’ai été sanctionné….

 

On sent que l’indépendance du syndicat FO gène.

Avec la réforme des retraites, on est à un tournant. À FO on est clair, l’âge pivot ou l’allongement de cotisation ça aboutit à des décotes, il y a aussi la réversion qui est menacé.

 

Pour exprimer notre mécontentement contre cette réforme FO appel à manifester le 21 septembre à Paris après il faudra travailler à un rapprochement avec la CGT. Il faut l’unité syndicale la plus large possible, car l’unité fait la force mais elle est rarement possible.

 

J’ai le le sentiment que nous allons vers une explosion sociale ou à l’inverse vers une implosion avec les dépressions et le burn out.

La population se mobilise contre la fermeture de la maternité de Dinan

 

Les hôpitaux de Saint-Malo, Dinan et Cancale devraient fusionner au 1er janvier 2020, Les fermetures de services commencent.

Il y a une semaine, le directeur à partir du 5 juillet la maternité de Dinan ne pratiquera plus d’accouchements. Le prétexte est le manque d’anesthésiste.

Déjà, l’Unité de surveillance continue (USC) est fermée afin que les agents aillent renforcer les urgences.

Ce n’est qu’un début.

Pourtant la situation est déjà catastrophique, un médecin détaillant dans la presse la situation : « « J’ai été amené à déprogrammer des interventions à trois jours, car on n’avait pas de prévisions de garde de médecins anesthésistes à certaines dates, « J’ai dû différer à deux reprises une intervention et le séjour dans l’établissement de soins de suite de Véléda à Plancoët. La patiente en a pleuré. On ne peut pas jouer ainsi avec la sécurité. »

Le directeur appelle à « ne pas agiter l’hôpital. Les médecins ne veulent pas travailler dans des conditions de tension ».

Mais c’est le gouvernement qui agite l’hôpital en supprimant les poste, fermant les services à Dinan, voudrait-il nous interdire d’exiger la réouverture de la maternité ?

Des maires et le comité de vigilance ont appelé à une réunion le 1er juillet. Une centaine de personnes y ont participé, le 5 juillet, plus de 200 habitants ont manifesté contre la fermeture, près d’une dizaine de maires des communes voisines y ont participé et ont appelé les habitants à se mobiliser.

Le Maire de Dinan (LR) n’est pas inquiet « L’avenir de la maternité n’est pas remis en question (…) Mais je serai d’une vigilance extrême » contrairement à cette maman qui déclare : « Après l’été, on constatera que le transfert des accouchements s’est bien passé et la maternité de Dinan se transformera en centre périnatal. C’est un premier pas vers la transformation de l’hôpital de Dinan en établissement de proximité : plus de maternité, plus d’urgences, plus de chirurgie. »

Le Député LREM a regretté le manque de concertation.

Pour leur part, les comités du POID de Dinan et Saint-Malo ont sorti plusieurs communiqués condamnant la politique du gouvernement et exigeant le maintien des accouchements à la maternité.

Une nouvelle manifestation est appelée le 12 juillet.

 

UNITE :

Les mamans doivent pouvoir accoucher à Dinan pendant l’été.

Maintien de la maternité de Dinan, réouverture immédiate.

Interview de Mickael GALLAIS secrétaire du syndicat CGT PSA LA JANAIS

En 2016 les manifestations contre la loi El Kohmri avaient été durement réprimées. Un manifestant avait alors perdu un œil par un tir de LBD. Suite à une des manifestations 8 manifestants avaient été interpellés écopant de peines allant des TIG jusqu’à de la prison ferme…..pour participation à un attroupement armé !

3 d’entre eux ont fait appel de ces jugements et les UL CGT, SUD et FO appelaient le 2 juillet à un rassemblement devant le Parlement de Bretagne siège de la Cour d’Appel pour les soutenir.

Parmi les 3 manifestants poursuivis, il y a Fabrice, ouvrier de PSA, et le syndicat CGT était présent au rassemblement, ainsi que le délégué syndical central CGT de PSA Jean Paul MERCIER. Nous avons interviewé le secrétaire du syndicat.

1/Peux-tu nous rappeler les circonstances de l’arrestation de votre camarade et le déroulement du procès en première instance ?

Notre camarade a été interpelé alors qu’il jouait du tam-tam entre des manifestants(es) et des crs.
Il a immédiatement été placé en garde à vue à St Malo car il n’y avait soit disant plus de places à Rennes !!
Et s’il n’y avait plus de places c’est bien parce que la répression est disproportionnée ! Il est accusé d’avoir lancé un projectile. Lors de la 1ère audience il y a eu cette phrase “mythique” de la part de la justice : ce n’est pas parce qu’il n’y a pas de preuve qu’il n’a rien lancé” !!
Quel est le but de cette justice qui prononce de la prison ferme pour avoir joué du tam-tam lors d’une manifestation si ce n’est tuer les mouvements sociaux de celles et ceux qui se mobilisent pour des avancées sociétales profitables à toutes et tous.

2/quelles sont tes impressions au sortir de l’audience de la Cour d’Appel ?

A la sortie de la cour d’appel, la 1ère impression a été qu’une partie de la justice semble avoir pris du recul par rapport à la 1ère audience. Un exemple avec cette phrase : cela parait difficile de lancer un projectile en jouant de cet instrument ! Mais nous ne sommes pas dupes, cela ne veut pas dire qu’il sera relaxé !

3/ il y a multiplication des attaques contre les syndicats, contre les manifestants qu’en penses-tu ?

Je suis militant à La Cgt depuis quasiment 15 ans, j’ai donc eu le temps, malheureusement, de voir et subir la multiplication des attaques ! Il y a beaucoup d’exemples : nos 9 camarades de La Cgt Psa Poissy, les postiers(es) du 92, les infirmiers(es), la militante d’Attac… Les forces de l’ordre, (police, crs, gendarmerie…) seraient- elles le bras armé du gouvernement lui-même déjà violent ?