Entretien avec un conducteur de Keolis (exploitant du réseau STAR de Rennes)

1) Un mouvement de grève touche certaines lignes du réseau bus à Rennes depuis plusieurs semaines. Peux-tu

nous en rappeler brièvement les raisons (revendications) ? Y a t’il d’autres revendications des conducteurs ?

Alors la base des revendications concerne les conditions de travail et leur dégradation du fait des temps de parcours inadaptés.

En effet, de nombreuses déviations dues aux nombreux travaux à Rennes et à la fréquentation en hausse des bus ne nous permettent plus, à certaines heures et sur certaines lignes, de tenir les horaires.

Du coup nous éprouvons des difficultés à faire correctement notre travail et la clientèle le ressent.
De plus, un manque de dialogue social et de compréhension ont envenimés la communication avec la direction.

2) Aujourd’hui où en est ce mouvement et quelles sont les réponses de Keolis (exploitant du réseau) et de Rennes Métropole (qui a fait une délégation de service public à Keolis)?

Au bout de presque 2 mois de grève, la direction a répondu à certaines des revendications et proposé des mesures comme l’embauche de conducteurs et l’acquisition de bus pour rétablir un niveau correct d’exploitation. Il faut savoir que la maintenance manque de flexibilité du fait d’un manque de bus et que cela dégrade leurs conditions de travail.

Un problème de recrutement se pose également sur le réseau STAR. En effet, Keolis Rennes peine à recruter des conducteurs ou manque d’anticiper des départs en retraite ou des départs volontaires (démission ou mobilité interne ligne B ou contrôle par exemple).

3) Quel est l’état d’esprit des collègues conducteurs aujourd’hui, comment vois-tu la suite ?

Les conducteurs sont plutôt divisés ; certains se contentent de leur conditions sans rien dire et d’autres luttent pour obtenir des améliorations.

Le mouvement dérange tout le monde usagers comme conducteurs et on hâte qu’une solution de fin de crise soit trouvée.

Des propositions ont été avancées par la direction comme le recrutement de conducteurs, l’acquisition de bus, l’obtention d’une prime pour pénibilité due aux conditions de travail mais cela ne règle pas le problème des temps de parcours qui reste le nerf de la guerre. ; Si pas assez de bus et de conducteurs sur 1 ligne : beaucoup de clients dans un bus donc augmentation de la charge et de la surcharge, augmentation des temps de montée et de descente également.

Donc la situation s’améliore quand même avec un dialogue et des propositions mais il faudra rester vigilant sur les temps de parcours

Des réunions auront lieues la semaine prochaine, nous en saurons plus.

Nous voulons alerter sur la réforme en cours dans les Lycées Professionnels

Magali, responsable CGT et Gaëtan, FO, présentent au correspondant de la TT les éléments.

Demain mercredi 19 décembre un rassemblement intersyndical est prévu devant le rectorat de Rennes. Le gouvernement veut supprimer 2600 postes, après avoir réduit de 25% les postes aux concours de PLP ces deux dernières années.
Il veut réformer une nouvelle fois la voie professionnelle, cette fois en lui portant le coup de grâce. En effet, dès la prochaine rentrée :

Les « familles de métiers » remplaceraient les filières professionnelles en classe de seconde, et les élèves perdraient un an de formation (rappelons qu’en 2009, le bac pro est passé de 4 à 3 ans de formation avec la suppression des BEP) ; il correspondrait désormais à une formation d’un peu plus de 2 ans. Comment poursuivre en BTS ou DUT, ou encore à l’Université avec parcours sup, si la formation est encore réduite, en particulier en enseignement général.

Et pas à la marge !
En CAP (12 ou 14 semaines de PFMP) c’est quasiment la moitié des heures (855 ou 838 sur l’ancien cycle) qui sont « remplacées » par 467,5h d’enseignement général.
En bac pro (production ou service), on passerait de 1370h à 995h, du jamais vu !
Ce n’est pas tout, ce nouveau lycée pro Macron-Blanquer impose :
L’ouverture des formations des LP à l’accueil d’apprentis.”D’où la mixité des parcours : l’élève part en apprentissage, son contrat est rompu, il revient en cours de cycle, repart…
La « mixité des publics » : sont regroupés apprentis, élèves, adultes en formation aux contraintes annuelles et hebdomadaires évidemment très diverses.
L’obligation de valider en cours de formation des « blocs de compétences » qui se substitueraient aux diplômes reconnus dans les conventions collectives (le gouvernement satisfait ainsi un vœu très ancien du patronat).
En même temps et en parallèle, la loi « Liberté de choisir son avenir professionnel », dans son volet
« apprentissage » imposerait l’apprentissage jusqu’à 30 ans, le financement au contrat, l’entrée en formation à tout moment de l’année, la facilitation des ruptures de contrat d’apprentissage (loi travail, plus de recours aux prudhommes), la remise en cause de la validité des diplômes Education Nationale, la généralisation des blocs de compétences…
Enfin le pilotage de l’ensemble de ces dispositifs reviendrait directement au patronat (Chambres des Métiers) et ne serait plus du tout sous contrôle EN.
Après la destruction de l’AFPA, celle de l’enseignement professionnel public. Ce gouvernement n’en finit pas de détruire l’Ecole Publique. Que peut-il demeurer du statut des PLP ? Que peuvent devenir dans de telles conditions des élèves en difficulté ?
Cela nous semble aussi grave que ce qui se passe pour la réforme du bac pour le LGT ; les élèves
de LP sont les premières victimes de parcours sup, ils le ressentent et l’ont manifesté dans la rue. Le gouvernement présente l’apprentissage comme une solution. Nous y voyons une réforme sous l’égide du patronat pour former de la main d’œuvre facile, désarmée et non des citoyens émancipés. Les enseignants sont à leurs côtés. Et c’est pourquoi nous voulons alerter les lecteurs du journal. Mardi 18 décembre 2018.

 

 

 

Le 20 novembre a eu lieu la 1ère grève appelée par l’ensemble des syndicats de pôle emploi depuis sa création en 2008 (date de la fusion ASSEDIC/ANPE).

La direction indiquait un chiffre de 30% de grévistes au niveau national et en Ille et Vilaine, l’agence de Saint-Malo affichait quant à elle 50 % de grévistes.
Interview d’une gréviste distribuant le tract d’explication aux privés d’emploi.

TT : Peux-tu nous dire pourquoi vous êtes en grève aujourd’hui?

Béa : les financements de pôle emploi ont changé du fait de la disparition des cotisations chômage. Le financement est assuré par la TVA jusqu’en 2020 puis sera transféré à la CSG par la suite. Cependant la CSG est un impôt, le gouvernement décidera du montant qu’il versera à notre organisme.
Après 2022, notre budget ne sera plus garanti. Ce qui aura pour conséquences :
Pour les agents : les départs en retraite non compensés, des suppressions d’emplois, on a eu les chiffres dans CAP 2022, il est prévu de perdre 4 000 ETP (équivalents temps pleins) d’ici 2022 soit environ 7000 agents, des fermetures d’agences.
Pour les usagers : les privés d’emploi devront faire plus de kilomètres pour venir à une agence, ils devront attendre plus longtemps pour être reçus.
Le budget sera en diminution constante.
La direction a à dire que le nombre de chômeurs baissent, mais la réalité c’est que pour la catégorie A (CDI temps plein) est en légère baisse mais les catégories B et C (petits contrats
et temps partiel) explosent. Ce qui veut dire que la précarité se développe.
Actuellement, si quelqu’un est à temps partiel il perçoit un complément. Ceux qui ont accepté
de prendre un 20 heures, verront leur complément disparaître.
Ils sont en train d’apprendre aux gens de se passer de nous avec la numérisation. Même, s’ils scannent les documents, il y a besoin d’agents pour traiter les dossiers. Les agents d’indemnisation sont de moins en moins nombreux, dans certaines agences les deman- deurs d’emploi ne sont plus renseignés sur leur indemnisation.
Il y a peu, la direction a fait passer les agents d’indemnisation au conseil à l’emploi, c’est à dire le placement. De ce fait les demandeurs d’emploi ne sont plus reçus pour l’indemnisation, le taux de réclamations augmente et le temps de paiement s’allonge.
Le téléphone, avant était orientés sur des plateformes, maintenant il revient vers les agences et vers les agents d’indemnisation, donc du travail en plus qui aggravera encore plus les conditions pour les demandeurs d’emploi.
C’est pour cela que nous sommes en grève. Mais aussi, tout ce qui se prépare si la réforme des retraites passe avec la baisse des pensions annoncée (de 40%), comment je vais vivre, une fois
en retraite.

Témoignage d’un salarié du privé qui atteste des reculs dramatiques des droits et de la condition ouvrière.

“Le 2 février prochain se tiendra la 2ème conférence des comités pour l’unité pour la défense des retraites. La défense de tous les régimes de retraite des statuts et des conventions collectives contre l’instauration d’un système de retraite individualisée par point est une bataille décisive pour en finir avec le gouvernement Macron.
L’unité de tous les salariés du public et du privé, actifs et retraités, l’unité jusqu’au bout avec leurs organisations est décisive. Le POID est bien sur partie prenante de ce combat.
Un comité pour l’unité de salariés du privé (métallurgie, bâtiment, commerce….) est en train de se constituer. Vous lirez ci dessous un premier témoignage qui atteste des reculs dramatiques des droits et de la condition ouvrière. Voilà le résultat de la politique du gouvernement Macron et de ses prédécesseurs depuis des décennies. D’autres témoignages suivront. A vos plumes.”

 

Témoignage salarié dans le privé.

Je dois être chez le client à 8 heures, donc départ à 7h30. Les plannings sont établis pour 8 heures (8h00-12h00 -14h00-18h00). Le planning-papier n’est jamais en contradiction avec la loi ou le bulletin de paie. Les pannes tombent tout au long de la journée, qui rajoutent des heures et empêchent les pauses. Normalement c’est 38 heures par semaine, en hiver c’est minimum 3 heures de plus par jour (8h00-13h00 – 14h00-20h00) soit 11h00, souvent plus, jusqu’à 22h00 (13h00) avec une heure de « pause » le midi dont 1⁄2 heure pour rejoindre le client de 14h00 et 1⁄2 heure pour trouver à manger et manger. En moyenne 12 heures par jour sur 5 jours, donc 60 heures par semaine dont plus du 1/3 ne sont pas payées (seules 38 heures payées, aucune heure sup payée, pas de récupération). Quand tu bosses à ces rythmes si tu prends le temps de marquer tes heures tu n’en finis jamais, il y a une telle nausée que la paperasse est ressentie comme un épuisement, une agression supplémentaire.

Le fuel obligerait à utiliser des masques à cartouches qu’aucun employeur ne veut jamais payer et qui ne sont d’ailleurs pas très onéreux aujourd’hui. Le matériel donné par les patrons c’est le masque qu’on voit dans les hôpitaux, une étoffe avec ficelles derrière pour protéger la bouche et le nez. Je prends des masques en papier avec clapet pour la respiration sur le compte de la boîte, mais inadaptés. La médecine du travail le sait mais quels sont leurs moyens d’obliger les employeurs ? J’ai demandé des radios des poumons depuis 15 ans, on me répond à chaque fois comme si j’allais recevoir une convoc incessamment, et puis on révoque le problème deux ans plus tard lors de la visite avec de moins en moins de conviction, on fait semblant d’y croire parce qu’on sait qu’ils n’ont aucun moyen de faire respecter un minimum d’hygiène face aux patrons.

Sur le bulletin de paie il n’y a aucun niveau, aucun coefficient, donc difficile de savoir si je suis dans les clous de la grille. Je touche presque 1700 euros net avec 25 ans d’ancienneté, c’est vrai que c’est bas par rapport à la qualification et aux heures faites. Il y a une prime de presque 2000 euros une fois l’an.
Agiter la pseudo-revendication d’une pseudo convention collective nationale de la métallurgie participe de l’effacement des acquis dans les secteurs qui avaient négocié les meilleures conditions exprimées dans les conventions collectives locales. Seule l’intervention des intéressés peut bloquer cette spirale destructrice, en se saisissant de leurs organisations de classe sur le terrain de l’indépendance de classe renforcée par cette intervention-même. Cela pose la question d’un comité pour l’unité dans la métallurgie, voir de plusieurs comités, et donc de notre intervention.

On est de moins en moins à faire ce boulot : les salaires trop bas, conditions de travail, horaires, hygiène, déqualification (on réapprend sur le tas alors que les gouvernements successifs ont supprimé les formations AFPA), …il y a un effet boule de neige : des entreprises ferment de façon accélérée augmentant le nombre de clients et de surcharge de travail pour ceux qui tiennent, …comment un jeune non-encore qualifié regardant tout ça, aurait-il envie d’être recruté dans ces conditions ? Ça n’est pas la peur du travail, c’est la peur du non- travail résultat du chaos des forces productives à tous les niveaux. Je pourrais développer sur ces conséquences multiples que j’observe depuis une dizaine d’années, tant sur le plan des formations qu’on ne peut plus suivre faute de temps que sur le départ de tout un tas de gars hyper formés qui ont quitté la profession en masse ces dernières années.

Une dernière illustration : il y a dix-quinze ans encore on courbait le dos l’hiver en se disant que dès le mois de juin on terminerait à 16h30, aujourd’hui c’est toute l’année les horaires de malade, et l’été il ne faut pas compter finir avant 19 heures, il n’y a plus place pour un étalement annuel des heures.
Et pendant ce temps-là il y a la perte du salaire différé en ligne de mire : depuis janvier 2018, 270 euros environ de cotisations sociales santé sont volés mensuellement à la Sécu. Sur ces 270, 80 euros sont allés sur mon brut ce qui m’amène péniblement à 1700 euros, mais ces 80 ne seront rien quand il n’y aura plus de Sécurité sociale et que les mutuelles débarrassées de la concurrence de la Sécu exploseront leurs tarifs. Et très prochainement ce sont les cotisations sociales patronales qui disparaissent !

Il faut les chasser, et ce que nous faisons aujourd’hui avec les comités pour l’unité pour que s’organise la classe ouvrière confiante dans ses propres forces est une étape importante et obligatoire vers ce dénouement qui permettra que l’on reprenne notre sort entre nos mains.

Interview de Stéphane Brochet, trésorier du syndicat CGT des portuaires de Saint-Malo (CCI35, délégation de Saint-Malo).

Nous nous voulons rester public, avec le maintien de tous les services.

TT : en octobre, vous avez fait grève, quelles en sont les raisons ?
SB : Nous étions en grève pratiquement à 100 %. Tous les services étaient en grève : le remorquage, l’outillage, la maintenance, la criée, les services administratifs, la plaisance Vauban, les grues, le lamanage, l’avant-port, mais aussi les marins CGT et CFDT. Ce fut un grève à O travail. Nous étions de 30 à 40 au rassemblement sur le terminal ferry.
Ce mouvement a été fait à l’attention de la région, nous demandions des réponses à nos interrogations.
En effet, suite au changement de concession du port de Saint-Malo qui fait l’objet de nombreuses tergiversations. La CCI (chambre de commerce et d’industrie) a fourni un dossier à la région, elle a annulé cette DSP (délégation de service public). Ils nous ont baladé 2 ans avec la DSP. Tous les services étaient en panique, on se demandait s’ils ne voulaient pas nous balancer dans le privé. Nous avons fait grève pour avoir des garanties écrites et non verbales.
Nous voulons :
– rester dans le public,
– maintien de tout le port en l’état actuel, tous les services doivent rester en place, tous les accords doivent être maintenus.
Nous avions peur de voir le port transformé en marina.
La région a réaffirmé le maintien du port de commerce, de plaisance comme actuellement. Ils affichent vouloir un port intégral.
Nous nous voulons rester public, avec le maintien de tous les services.

compte rendu de la réunion fait par des déléguées de l’action sociale d’Ille et Vilaine

Salut camarades (on a eu le droit à cette appellation toute la journée hier, je ne vois pas pourquoi je ne vous en ferais pas profiter 😉)!

Je me permets de vous envoyer un mail pour vous faire un petit compte rendu de notre escapade parisienne, puisque vous faites partie du comité pour l’unité et/ou vous avez participé à la cagnotte.
Hier, à la rencontre nationale des délégués des comités, nous étions donc 222 délégués représentant 134 comités.

La conférence a débuté par une introduction d’un agent de la ville de Paris, qui est à l’initiative de la rencontre nationale. Il a fait un état des lieux et un rappel de ce que ce gouvernement fait depuis plusieurs mois maintenant “c’est un gouvernement qui frappe comme jamais un gouvernement ne l’a encore fait” dit-il. 80 lois en 1 an, 42 décrets, la remise en cause des libertés démocratiques, de la répression systématique lors des manifestations, etc. et la volonté de mettre fin aux 42 régimes de retraite, ce qui permettrait d’orienter 300 milliards

vers les fonds de pension c’est-à-dire la spéculation…
Il insiste sur la question centrale de l’unité à tous les niveaux. Or aujourd’hui, les journées d’action, la grève “saute-mouton” entraîne la division. Les concertations organisées par le gouvernement qui impose alors les règles, ne permettront en rien d’avancer vers le retrait du projet Macron-Philippe. Il rappelle que pour y arriver, la grève doit faire mal aux patrons, alors comment faire? Les travailleurs doivent être soudés autour de revendications claires!

Suite à cette introduction, 43 personnes ont pris la parole à la tribune tout au long de la journée pour faire état de différentes choses et notamment de leurs conditions de travail, de la mise en place des comités, de leur réflexion et des actions engagées jusqu’ici pour tenter de défendre leurs droits. Les intervenants sont syndiqués (plusieurs syndicats sont
représentés) ou non, font partis de partis politiques (PCF, FI, POID,…) ou non, sont postiers, étudiants, femmes, ouvriers, employés d’une société d’électricité, infirmières, aide-soignants, assistantes maternelles, professeurs des écoles, enseignants en collège ou lycée, enseignants en lycée professionnel, assistants d’éducation, cheminots, employés de la sécurité sociale ou des finances publiques, fonctionnaires territoriaux, ou encore journalistes (j’en oublie sûrement)…mais tous font état de conditions de travail qui se dégradent suite aux politiques menées par le gouvernement et rappellent la nécessité d’être unis pour obtenir des résultats dans les combats à mener.

Quelques paroles entendues:
“Les grèves saute-mouton n’ont aucun poids surtout quand elles sont décidées d’en haut” “Macron fait le jeu du FMI et des banques”

“Plus on asservit l’autre moins il se révolte”
“Le gouvernement Macron essaie de casser l’individu. On fait de nous des moutons.” “La réforme des retraites est une nouvelle attaque de la solidarité”
“Le gouvernement et Macron ont décidé de nous faire la peau. Il ne faut pas attendre les échéances électorales”
“Il faut montrer de manière pédagogique à quel point cette réforme est un recul” “L’escalade de violence est liée aux politiques menées par les gouvernements qui appauvrissent de plus en plus les jeunes et les ouvriers”
“Comment construire la grève générale pour faire reculer le gouvernement?”

“Comment bloquer les attaques du gouvernement et riposter?”

Pendant la pause repas, les représentants des comités présents à la tribune tout au long de la conférence, se sont réunis pour réfléchir à une proposition d’action à présenter à tout le monde en fin de rencontre. Alors que fait-on?
L’objectif est d’aider les travailleurs à créer les conditions de l’unité car les travailleurs doivent faire front commun avec leurs organisations. Un document a été soumis au vote et adopté après lecture et quelques modifications. Cet appel nous sera transmis prochainement, ainsi qu’un compte rendu plus complet de cette rencontre nationale, que nous pourrons diffuser plus largement. Une deuxième rencontre nationale devrait avoir lieu le 02 février, à confirmer.

Cette rencontre s’est conclue par un petit chant révolutionnaire…

🎶”C’est la lutte finale ; Groupons nous et demain

L’Internationale

Sera le genre humain. “🎶
Je vous avoue que lorsqu’on n’est pas coutumier du fait, c’est assez surprenant !

Nous avons décidé, avec les représentants de 2 autres comités d’Ille-et-Vilaine, d’organiser prochainement une réunion collective afin d’échanger et de s’organiser pour créer l’UNITE. Nous sommes rentrées regonflées à bloc pour mobiliser et diffuser le plus largement possible autour de nous, car même si nous avons de bonnes conditions de travail à l’IME et que pour l’instant nous sommes bien lotis, la question des retraites concerne TOUT LE MONDE!!! Alors camarades (oui, ça me fait rire de vous appeler comme ça), mobilisons nous pour l’unité et pour défendre nos droits, acquis dans la lutte il y a de ça plusieurs dizaines d’années!

Josefina, Nathalie et Julie

communiqué rédigé par le secrétaire du syndicat CGT de l’usine standard cooper de la Barre Thomas

“Nous publions le communiqué rédigé par le secrétaire du syndicat CGT de l’usine standard cooper de la Barre Thomas (BT). L’usine a employé jusqu’à 2500 ouvriers, d’abord appartenant à Citroën puis PSA, elle à été vendu au groupe italien Gomma, qui a délocalisé une partie de la production en Pologne, puis au fond d’investissement Silver Point puis à Standard Cooper et aujourd’hui au groupe Continental qui s’est fait remarquer par la fermeture il y a quelques années de son site de Compiègne. A chaque cession ce sont des centaines d’emplois qui ont été liquidés, et à chaque fois les contrats de travail sont revus à la baisse. Cela a été rendu possible par la politique des gouvernements qui se sont succédés et la complicité de la municipalité de Rennes. Le démantèlement/démolition  de l’usine se fait dans le cadre d’un programme immobilier conduit par le groupe Lamotte avec la participation de la caisse des dépôts et consignations. Comment en finir avec cette politique, quel programme pour un Parti Ouvrier pour défendre les emplois, c’est l’ordre du jour le plus brûlant.”

 

Vente de l’usine

Le Président américain de Cooper Standard a annoncé, à l’AFP, la vente de la Barre Thomas (BT) à Continental. Nous pouvons nous offusquer de la manière dont cela a été fait. Les salariés de l’entreprise aurait dû avoir la primeur de l’information. Ceci est un délit d’entrave aux prérogatives du Comité d’Entreprise.

Nous pensons que La Direction américaine a voulu faire un coup boursier. L’action a perdu 23 % le vendredi 02 novembre. Qui a vendu en masse vendredi et qui va racheter lundi ? L’avidité n’a rien à faire avec le droit ni la morale.

Les conséquences d’une vente d’un site sont souvent douloureuses pour les salariés. La CGT pense que cette décision peut avoir des conséquences existentielles pour la BT.

Les constructeurs automobiles exigent que les sous-traitants soient dans des pays à bas-couts. L’Ille- et-Vilaine a perdu pas loin de 20 000 emplois dans le secteur de la construction automobile depuis 10 ans, pas loin de la moitié des demandeurs d’emploi en classe A dans ce département. Pendant ce temps, ce secteur a perçu des crédits d’impôts considérables. Pour Cooper Standard France c’est 5 millions d’euros par an. Cet argent est utilisé pour délocaliser l’activité. L’Etat, qui a été actionnaire de PSA a participé à cette déflagration. PSA vous dira qu’ils ont eu raison car leurs résultats sont excellents.

La casse sociale, elle, n’est pas chiffrée. Il a été dépensé des fortunes pour venir en aide aux salariés (indemnisations chômage, reclassements, formations). Il serait normal que les donneurs d’ordre soutiennent ces salariés qu’ils ont mis en grande difficulté.

La BT c’est 450 salariés dont 150 en production. Le seul avenir que nous voyons pour notre entreprise serait dans la RetD (recherche et développement) avec un nombre très réduit de salariés.

Alain LE BRAS
Secrétaire du syndicat CGT de la BT

le 9 octobre la police a massivement envahie l’université de Rennes 2

le 9 octobre la police a massivement envahie l’université de Rennes 2, la contribution ci dessous, écrite par un étudiant de Rennes 2, relate les faits et donne un point de vue. La discussion est ouverte. Sur quelles revendications se battre, comment les élaborer, comment réaliser l’unité enseignants/étudiants, comment assurer la démocratie, la libre expression des étudiants dans les assemblées générales. Autant de questions qui se posent aux étudiants et plus largement à la classe ouvrière, place au débat.

 

 

L’Assemblée Générale de Rennes 2 qui s’est tenu le 2 octobre 2018 et qui regroupait près de 400 personnes a décidé de se joindre à la manifestation du 9 octobre pour demander la suppression de Parcoursup, le maintien de l’arrêté licence, la suppression de la réforme du chômage  et plus généralement pour manifester son soutien au différents secteurs en luttes (retraites, migrants, écologie).

Pour permettre la participation la plus massives possible, l’AG a voté un blocage. En effet, celui-ci permet à tout le monde d’aller en manifestation sans avoir besoin de rattraper des cours plus tard ou tout simplement de louper des contrôles continu. De plus cela permet de ne pas isoler les étudiants qui participe aux manifestations en permettant aux professeurs et surtout à l’administration de les ciblés comme militants. Bien qu’un travail de pédagogie ait été effectué tout au long de la semaine par les militants (avec des barrage filtrants notamment qui ont permis la distribution de plus de 12 000 tract) on a put assister a une monté de la tension entre étudiants sur la question du blocage. La présidence à alors joué de cette situation pour commencer à se construire une légitimité à faire venir les forces de l’ordre sur le campus. Olivier DAVID a convoqué une AG du personnels de l’université le 4 octobre dans laquelle il à poussé l’assemblée a votée un texte lui offrant un soutien sans faille quelque soit les décisions qu’il prendrait sur la question du blocage et en transformant le conflit blocage/anti-blocage en conflit ceux qui veulent la mort de l’université contre ceux qui veulent la sauver. Cette stratégie s’est continué tout le long de la semaine en promouvant petit à petit le recours à la force et à l’implication de l’ensemble de la ”communauté universitaire” pour effectuer le déblocage.

Et cela n’a pas raté, au matin du 9 octobre, les militants se sont retrouvé face à une armée de vigile privé chargé d’empêcher la tenu d’un blocage. Ce n’est pas ce qui les a arrêté car le blocage s’est quand même tenu de 6h du matin jusqu’à 9h45. Mais un blocage beaucoup plus tendu que ceux qui ont eu lieux l’année dernière, en effet la stratégie de la tension ayant bien fonctionné le dialogue entre les étudiants et les militants était impossible. C’est à 9h30 qu’une cohorte de Gendarmes Mobiles guidés par les vigiles de l’université viennent mettre un terme définitif au blocage sous les applaudissement d’une partie des étudiants et des personnels présents. Les militants sont donc obligés de se replier sur la dalle Kennedy pour réfléchir à comment se rendre en manifestation, le cortège étudiant au départ de la fac n’étant plus envisageable.

L’AG suivante à réuni à nouveau 400 personnes mais la mobilisation à l’université rencontre plusieurs difficulté. En effet l’AG est isolé car la mobilisation à du mal à prendre dans d’autres universités. De plus même si Rennes 2 a toujours eu des facilités à se mobiliser le débat sur la question du blocage et la frilosité des syndicats fait que les militants se retrouve isolés aussi bien matériellement que politiquement (le SNESUP par exemple a retiré son mot d’ordre de grève pour le 9 octobre suite à la décision de l’AG de réaliser un blocage) au sein même de l’université.

De plus, le président de l’université à profité de la situation pour soumettre au vote électronique le même texte que celui qu’il avait proposé lors de l’assemblée générale du personnels mais cette fois-ci à l’ensemble des membres de l’université. Cette motion qui est très flou est donc diffusé à tous seulement quelques heures avant le début du vote ce qui ne permet bien sur pas de débattre entre étudiants au sujet de ce texte qui donnerait la légitimité au président de mettre en place tout les moyens qui lui semblerait bon pour empêcher que les situations d’enseignements et de recherches soit perturbés. Suite au vote cette motion à été accepté malgré une faible participation des étudiants.

 

 

Questions à Marie Christine ARIBART, déléguée syndical central CGT de MONOPRIX

 

Question : Au terme d’un marathon juridique, le Conseil des Prud’hommes de Rennes, Nîmes et de Clermont-Ferrand viennent de rendre des jugements qui donnent raison à l’obstination du syndicat CGT Monoprix et au courage des salariées qui les avaient saisis. Précise nous cela.

 

Réponse : Il y a d’abord la question de la prime d’objectif performance (POP) mise en place de façon unilatérale par la direction générale de Monoprix pour lutter selon elle contre l’absentéisme. Cette prime trimestrielle est attribuée aux salariées, le montant de la POP est calculé par un rapport entre le Chiffre d’Affaire Budgété et le Chiffre d’Affaire réalisé. Si elles ont été absentes pour maladie plus d’1 jours pendant le trimestre ,les salariés ne la perçoivent pas . Les trimestres ou elle est attribuée la prime varie entre 0 euros et 100 euros. Nous nous sommes vite aperçues que la Direction prenait en compte les jours de grève ainsi que les arrêts maladie pour l’attribution de la POP ce qui constitue une discrimination. La direction a refusé d’entendre les protestations de la CGT ne laissant d’autre solution que la saisine des Conseils de Prud’hommes. C’est ce qu’on fait des salariées des magasins de Clermont-Ferrand, Nîmes, et Rennes avec le soutien de la CGT. Cela a donné lieu à un marathon juridique de 4 ans en partant des Prud’hommes puis la  Cour de Cassation puis à nouveau aux Prud’hommes pour une victoire nette, pour tous les dossiers. La Conseil de Rennes condamnant au surplus Monoprix pour résistance abusive.

 

Pour comprendre l’acharnement des salariées il faut savoir qu’une caissière est embauchée à 1498 euros brut pour 35 heures et que la majorité est à temps partiel souvent 24h ou 30h, cela fait des salaires net très inférieurs à 1000 euros, tu ajoutes que les nouveaux contrats de travail répartissent la semaine sur 6 jours ce qui entraîne des frais supplémentaires alors si tu es seule avec un enfant, tout compte y compris la POP. Les salariés ne vivent pas de leur salaire ,ils survivent.

 

Question : Il y a aussi la prime d’ancienneté et le travail de nuit.

 

Réponse : En effet la Cour d’Appel de Rennes a confirmé que Monoprix ne devait pas impacter la prime d’ancienneté dès lors que les salariés avait une baisse de contrat. Cette prime était figé depuis 2000. Ces victoires individuelles devant les juridictions, POP et prime d’ancienneté,  nous voulons maintenant les étendre à tous les salariés et nous allons saisir le TGI pour contraindre la direction.

 

Pour le travail de nuit tout commence 1998 car Monoprix prend la décision de fermer à 22h. Aujourd’hui, les conditions de travail sont dégradées, il y a un manque d’effectif criant dans tous les magasins, à Rennes il faudrait 8 équivalent temps plein en plus. Je n’ai jamais vu un bazar pareil. Il y a de plus en plus d’arrêt de travail et ils sont de plus en plus longs. Ce n’est plus possible de faire toujours plus avec moins de moyens.

 

Un accord est négocié 2006 et un avenant en 2009, «  l’accord et l’avenant est réputé non écrit »la CGT use de son droit d’opposition. En 2013 Monoprix négocie un nouvel accord avec la CFDT, la CFE-CGC,FO. Nous avons fait un droit d’opposition car nous étions une organisation majoritaire ;Monoprix a été condamné lourdement à payer 750 000 euros. En 2016 un nouvel accord qui a été immédiatement signé avec la CFE-CGC et la CFDT  et donc le 7 septembre 2018  la Cour d’Appel de Paris a de nouveau annulé cet accord et interdit sous peine d’astreinte de 30 000 euros d’amende par infraction constaté à l’ensemble des Monoprix de Paris, y compris ceux qui se trouve en Zone Touristique Internationale (ZTI)  de travailler après 21h…..et le comble de cette histoire, la Direction a relancé immédiatement des nouvelles négociations pour un nouvel accord sur le travail de nuit !!!!et sur le travail en soirée dans les ZTI pour éviter ces fermetures .

Alors le travail de nuit c’est toujours NON !

Il va vraiment falloir qu’on se rassemble tous ensemble, ne pas rester isolés Monoprix ici, Carrefour là etc etc, hier j’ai été contacté par des IRP de CORA, ils ont débrayés massivement contre le travail du dimanche. Je suis DSC  depuis 2013 nous rencontrons tous les mêmes problèmes ça ne peut plus durer !. Il ne faut plus rester seul dans son coin.

 

Question : Il y a aussi les menaces sur l’emploi et les acquis.

 

Réponse: Suite à la condamnation sur le travail de nuit, au CCE du mois de juin le PDG Régis SCHULTZ c’est permis de dire « je vais convoquer les organisations syndicales, il va falloir voir comment on va faire pour fermer les magasins » comme si c’était le rôle des syndicats de l’aider à fermer les magasins. En plus il y a la menace pour 90 magasins de passer sous franchise, avec toutes les pertes d’acquis que ça signifie pour les salariés. En fait il y a un sérieux problème d’endettement du groupe Casino, la dette est de 4,1 milliards et donc Monoprix contribue à ce désendettement en vendant les murs de certains magasins. Les salariées ne comptent pas, ce ne sont que des matricules mais nos grands dirigeants oublient que la richesse est crée par le travail des salariés. C’est la même chose qui se passe chez Carrefour, pourquoi pas se battre ensemble.

 

Question : Avec l’attaque du gouvernement sur les retraites on a l’occasion de s’unir public privé pour le bloquer

 

Réponse : la retraite on y arrive et on ne s’y retrouve plus, c’est vrai que c’est une occasion d’y aller tous ensemble, mais c’est pas des journées d’actions comme on fait depuis des années qui suffiront à faire reculer le gouvernement. Nous avons un Président dédaigneux ,avec les salaires de misère que nous avons dans la grande distribution alors quand nous serons en retraite ,notre misère sera encore plus grande.